Pause Poésie : L'étrangère

Une étrangère était venu
Etait-ce au printemps
Que nous l’avons vu
De sa montagne descendant
Elle parlait bizarrement
Certains la comprenaient
D’autres hurlaient aux boniments
Mais où cela l’a-t-elle menée

C’était une marginale
Au parler original
Qui attirait la convoitise
Qui semait ses friandises
Elle se fit des amis
Mais elle ne savait pas aimer
Elle se fit des ennemis
Ou elle se les inventait

Elle a dansé nue
Enlevant tous ses voiles
Pour charmer la rue
Les badauds et les étoiles
Mais elle était trop différente
Pour se faire comprendre d’eux
Elle était trop exubérante
Pour seulement rester chez eux

Alors elle a reçu les pierres
De ceux qui l’avaient aimé
Elle en était fière
Mais trop à les étouffer
Elle voulait les emprisonner
Elle voulait trop se donner
Elle en est morte
Sous le feu de cette cohorte

Quel était son tort ?
D’être fasciné par la mort ?
De ne jamais se renier ?
Ou seulement d’être entier?
Maintenant elle est partie
Avec elle ses mots et ses folies
Qui ont enchanté nos jours
Qui ont disparu pour toujours