Blog :Engagez vous…

Rassurez-vous, je n’ai pas basculé dans un appel à s’engager dans une quelconque force armée. Je sais trop bien ce qu’il en est du maniement des armes et de la boucherie qu’est une guerre, contrairement à cette génération de dirigeants…Il y a bien d’autres formes d’engagement plus pacifiques.

Car j’ai aussi repris du service dans le bénévolat, bien que trop modestement à mon goût. Toujours dans l’association de protection animale habituelle, Respectons, parce que j’en connais le président depuis des années, que je connais ses actions passés, etc… Alors j’ai parcouru les 80 km qui me séparait du lieu pour monter le stand et les cages pour faire adopter les petits félins rescapés, en partant à l’aube. Ils viennent de bien plus loin. L’association a connu des périodes plus fastes et il n’y avait que des gens du « siège », dans l’Yonne, pour venir dans ce coin là, et pas les bénévoles de région parisienne. Comme toujours dans ce milieu de la protection animale, on trouve plus de bénévolEs que de représentants mâles. Bref, il fallait installer tout en 2h, les tables, les cages individuelles, la grande cage, nettoyer tout, mettre les litières, la bouffe, l’eau, installer les chats, mettre leur fiche, vérifier les éléments pour le passage du vétérinaire de contrôle sanitaire. Chacun son poste, sa spécialité. La grande cage, ce sont une douzaine d’éléments de 2m50 par 1m à assembler. Rien de surhumain mais c’est bien d’être grand, hé hé. Une bonne fatigue après, un petit café, de la brioche vegane et on part pour le tractage, l’accueil des adoptants. Je n’ai malheureusement pas pu rester comme avant où l’on faisait parfois les 2jours non stop de 8h30 à 19h. Mais bon, quand les ennuis s’arrêteront, on y retournera à plein temps..

Et voilà le travail…

C’est la dèche au niveau bénévolat en ce moment dans l’association. Bon, il y a eu des problèmes humains, des départs, comme souvent mais quand même, on a du mal à trouver, surtout des jeunes. On a vite l’impression d’être dans le club des plus de 40 ans, voir des plus de 60 ans. Sur les manifs, à la limite, on trouve du jeune militant, surtout pour les dernières associations à la mode, les plus médiatiques aussi. Et puis c’est festif une manif, mais pour des choses concrètes, c’est plus dur. Tracter debout dans les courants d’air l’hiver, venir le matin laver les litières, ça motive moins. Ce sont pourtant mes meilleurs souvenirs de militant, ceux où l’on voit des chats adoptés, des visages heureux, des rencontres, des échanges. Je me souviendrai toujours du petit Al-aqsa (oui, ce n’est pas une faute d’orthographe), adopté par un couple juif israelien vivant à Paris, comme j’ai encore en mémoire la petite Volga adoptée ce week-end, petite jumelle de mon gros matou qui dors contre moi au moment où j’écris. Il y aura eu 10 adoptions pendant le week-end !

Mais la protection animale n’est pas la seule cause qui m’interpelle. C’est juste celle où je me sens à l’aise, malgré quelques dérives parfois. Je n’en mets pas une au dessus des autres. Etant antispeciste, j’essaie déjà de ne pas privilégier une espèce par rapport à une autre. Mais j’ai conscience de la difficulté de cela, de la part d’utopie. C’est juste une manière de dire que l’on ne met surtout pas l’humain au dessus et que l’on essaie de cohabiter pacifiquement avec les autres espèces. Dans les faits, évidemment, il m’arrive de tuer, parce que je n’arrive pas à chasser la guêpe qui rentre et menace un de « mes » chats, parce que je m’y suis mal pris pour raccompagner la petite araignée ailleurs que chez moi, parce que ma voiture roule malencontreusement sur un escargot, ou emplafonne une nuée de moustiques. Je ne donne pas de repas végétariens à mes chats non plus parce qu’ils sont carnivores par nature, contrairement à nous, avec tous les attributs du prédateur. Je sais que c’est un débat dans le monde animaliste mais à un moment c’est ne pas imposer ses choix d’humains à des animaux que l’on ne fait que sauvegarder. Je vous laisse réfléchir à cela et apporter vos éléments critiques en dessous de l’article si vous le souhaitez.

L’antispécisme comprend donc en lui même l’antiracisme et toutes ses variantes que l’on trouve mais qui n’ont pas de sens. La race n’a pas de sens, ni la haine pour quelque raison que ce soit, de la couleur de peau aux orientations sexuelles, aux pratiques religieuses. Sur le fond, je ne comprend pas plus les extrémistes religieux qui veulent imposer quelque chose que les ultra-laïcs qui refusent toute expression religieuse. Nous sommes dans une période où l’on remet en cause des cohabitations pacifiques qui fonctionnaient bien avant, sans se poser de question, mais où tout est instrumentalisé de toute part. On instrumentalise des symboles, des vêtements aujourd’hui, on met parfois des marques au dessus de cela. Mais surtout on, …nous… oublions simplement d’essayer de comprendre l’autre, ses raisons, car il y a toujours des raisons derrière un choix, un engagement. Je « comprends » ce qui amène en général les choix religieux et même sectaires qui répondent à un manque, et dont profitent des manipulateurs. Mais je « comprends » ce qui amène certains à refusee toute religion, s’enfermant eux même dans un extrême en refusant un autre extrême. Comme les aimants, les extrêmes s’autoalimentent. Il y a souvent un événement qui marque, et une méconnaissance, une incompréhension. Et puis comprendre cela n’a rien à voir avec cautionner. Mon veganisme, vu comme extrême par certains a lui-même des raisons, dont je peux parler à celui qui s’y intéressera.

Parmi le racisme, il y a une cause qui me touche particulièrement car on l’ignore trop souvent : Le racisme anti-asiatique. En cette période de pandémie venue d’Asie, il est particulièrement en lumière. Pas plus tard que le week-end dernier, un restaurant a été tagué, dans l’indifférence générale. On a rapporté beaucoup d’insultes dans les transports en commun, comme le rappelle Grace Ly. Ce n’est pas d’aujourd’hui car depuis son enfance, mon épouse (métissée, d’ailleurs) a subi des insultes. J’ai aussi souvenir d’autres personnes qui subissaient cela dans mon enfance. Trop souvent on dit « chinois » pour tout personne asiatique, qu’elle soit cambodgienne, laotienne, vietnamienne, thaïlandaise, … avec cette petite connotation négative, quand ce n’est pas un autre mot. On met souvent en doute l’hygiène des restaurants qui n’ont pourtant pas plus de cas de non respect des règles d’hygiènes que d’autres. On insulte les chinois qui mangent du chien, du chat, en oubliant nos propres pratiques d’élevage, le fait qu’on mange des escargots, des grenouilles, des ragondins… On parle de pratiques violentes, quand on continue la corrida en France. Je vous passe toutes les connotations sexuelles que subissent les femmes asiatiques avec des confusions sur des termes comme la Geisha, par exemple, en plus des erreurs de pays. On n’admettrait pas le dixième de cela pour d’autres communautés. Je ne fais pas de différence entre les racismes pour cela, pour ne jamais mettre une communauté au dessus des autres. Là encore, l’ignorance est toujours le catalyseur.

J’ai écouté le discours de l’acteur Joaquín Phoenix aux oscars en intégralité. Je connais l’homme, ses engagements depuis longtemps, depuis Earthlings, et je n’ai pas été surpris. Vegan, antispéciste, il n’a jamais fait cela par mode. Mais les médias ont expurgé ce qu’ils voulaient de ce discours, n’ont gardé qu’une partie, l’hommage à son frère souvent. Il parlait justement de ne pas mettre une cause au dessus d’une autre. Il parlait d’antispecisme évidemment autant que d’autres causes mais c’était trop subtil, ou bien trop militant quand il parlait de l’insémination forcée des vaches pour produire du lait. Nous avons arrêté de réfléchir à ces modes de productions industriels, bien loin des fermes d’avant…Tout ça pour notre survie, pas celle de la planète dans son ensemble. C’était un seul exemple qui en dit long pourtant, plus long que les moqueries et les réactions des haineux qui ne pensent qu’à eux-même. Que dire d’une société qui ne sait plus vivre avec son voisin, lorsque l’on aborde son rapport avec le vivant autour de nous ?

Je parlais de mode pour la protection animale. En cette période d’élection, on voit tout le monde s’en soucier, surtout depuis que mes amis du parti animaliste ont fait 2,2% aux européennes (sans doute plus s’il y avait eu les bulletins partout). Les partis se verdissent. Par chez moi, les escrocs de LREM se sont renommés « Naturellement …. » avec un beau logo vert un peu campagnard, et un candidat venu de Havas qui n’a pas du tout d’idées écologistes, sinon construire une route en pleine forêt et une nouvelle marina ! Attention à bien lire toutes les petites lignes et à se renseigner sur le candidat que vous choisissez pour les municipales. Chez les stars aussi ça fait bien de faire écolo ou protection animale, d’avoir un régime vegan. Je pourrais m’en réjouir mais ça participe aussi au ridicule. Il y a notre Nabila nationale qui dit aimer les animaux et se fait offrir un sac en crocodile à 400 0000 euros. Pas une surprise pour ce genre d’arriviste, pâle imitation des Kardashian mais modèle quand même pour quelques jeunes filles. Si elle a évité de manger des animaux et d’en faire manger c’est déjà ça de gagné. Mais nous avons vraiment de drôles de modèles et des engagements bien futiles dans ce monde.

C’est un monde où l’on parle beaucoup et l’on agit peu. C’est un monde de communication, d’image. Mais lorsqu’on en vient à agir, c’est plus compliqué. Récemment, j’ai commenté sur Facebook (je dois le faire une fois tous les 6 mois) une publication du parti animaliste. C’était autour du problème des zoos. Si le fait d’interdire les animaux sauvages dans les cirques est bien accepté (même s’il faudra leur assurer une retraite), interdire les zoos passe plus difficilement. L’idée est radicale en effet mais il faut vraiment faire le tour de la question. Sous couvert d’éducation, on a enfermé des animaux sauvages dans des lieux pas adaptés. Le climat est différent, il y a du bruit, peu d’espace et même s’il y a des soigneurs, ce n’est qu’une prison. Maintenant cela participe, pour quelques animaux, à la sauvegarde des espèces. Pour en avoir visité quelques uns, en avoir vu les coulisses, avoir discuté avec des soigneurs, je ne doute pas de la motivation de la majorité pour créer les meilleurs conditions. Mais il reste beaucoup de mauvais zoos et de pratiques douteuses, de trafics. En plus de cela, les visiteurs sont trop nombreux, irrespectueux, considérant l’animal comme un objet. J’ai engueulé des gens qui prenaient des chevreaux à peine nés pour jouer avec en les éloignant de leur mère, éreintée par l’accouchement. Je vous passe les réflexions débiles des parents, les cris des enfants, etc…Je vous parlerai bientôt du zoo-refuge qui se monte du côté de Chartres, quand j’y mettrai les pieds. L’idée est bonne, la compréhension de chacun est longue.

Visite à la grand mère, Louis le Nain – 16xx

Agir, c’est parfois montrer et partager. C’est montrer ce que l’on peut faire, c’est répondre à des situations données, les partager par quelque medium que ce soit. Certain.e.s choisiront aujourd’hui une vidéo sur youtube, pendant que d’autres feront un article, iront sur place dans une association, dans un stand, dans une exposition, une manifestation. Chacun.e trouvera ses préférences en même temps que les sujets dans lesquels il/elle se trouve à l’aise. Là encore, il n’y a pas à juger. Enfin….jusqu’à certaines limites car on peut aussi avoir des engagements néfastes, haineux. Il y a des engagements qui paraissent plus virtuels, autour d’outils informatique, web, autour d’idées, de philosophie aussi. Mais ils sont tout aussi louables.

Prenez le logiciel libre : Il y a plusieurs formes d’engagement, entre l’installation chez des connaissances, l’assistance ou bien simplement converser sur ce que c’est. Il y a l’écriture de programmes ou de tutoriels. Il y a des conférences, comme celles que fait Jérôme en parlant de vulgarisation ou de sujets plus ciblés comme yunohost. En parlant hygiène numérique aussi, sujet générique qui était d’actualité récemment. Au passage on a encore mis l’anonymat/pseudonymat dans le tas alors que cela n’avait rien à voir. Si je me sentais légitime, pertinent techniquement, je le ferai bien mais je laisse ce sujet à d’autres pour ce format. Je me contente de petits tutoriels bien ciblés qui répondent à des besoins. J’ai par ailleurs toujours l’occasion de « vendre » du panda roux, du linux du blockada et autres petits outils autour de moi.

Après ces engagements, il y a aussi des retours de bâton, il ne faut pas s’en cacher. On a des échecs, on a des critiques, des relationnels qui ne passent pas. Je ne me suis pas senti à l’aise dans une antenne de la croix rouge qui aidaient les sans-abris parce que trop « noyautée » par une petite bande. Et je n’ai pas tenté d’engagement politique dans une formation locale, parce que déjà bloqué par une petite caste, ou par un appareil politique. Mais cela dépend aussi des endroits, des affinités, du timing aussi. Je retrouve un peu de temps pour ça et en même temps, il faut se forcer un peu, se donner des priorités. Et puis je crois qu’il ne faut pas le faire dans le but de paraître, ne pas le faire pour soi. Combien de gens j’ai croisé qui venaient plus pour faire un « j’y étais » sans vraiment être complètement là. Je les voyais plus discuter que participer. Comme partout, il y a ceux qui se tapent le sale boulot et ceux qui parlent beaucoup.

Je ne sais comment terminer ce billet qui essaye d’ouvrir une infinité de possibilité. Il m’en ouvre aussi d’autres pour moi même, d’ailleurs. Alors ce qui compte, au fond, c’est l’entraide…

2 réflexions au sujet de “Blog :Engagez vous…”

  1. Pas toujours facile de mettre sur pied une association, de trouver des bénévoles et puis il y a toujours la critique des gens qui brassent beaucoup d’air (cela motive pas). Je suis parrain Linux dans ma brousse depuis déjà pas mal d’années et j’ai dépanné un (seul) usager d’Ubuntu qui a fait 40 kilomètres, alors je peux dire que c’est reposant comme bénévolat 🙂
    A pluche.

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