Réflexion : l'an cyclique

Non, ce n’est ni une histoire de vélo que je vais vous conter, ni une faute d’orthographe, juste un jeu de mot un peu con qui ne fait rire que moi… et parce que je vais parler de cycles.

Que vous le vouliez ou non, la vie est faite de cycles. Il y a toujours les mêmes saisons, déjà. Il y a des vacances en été, autour de noël, sauf hélas pour ceux qui ne peuvent s’en payer. Il y a des cycles dans ce que l’on nous demande au travail, entre le bilan de fin d’année, l’entretien annuel, l’inventaire, les demandes de crédits pour investissement, ou que sais-je encore. Il y a des cycles scolaires avec la rentrée, les examens, les contrôles partiels, les inscriptions. Notre vie est réglée ainsi mais sans s’en apercevoir, notre vie personnelle est parfois réglée dans des cycles. Je m’en aperçois dans mon recours à des gimmicks, ou retour sur certains médias, avant que j’en reparte peu après.

Je n’ai pas besoin de coach de vie pour m’apercevoir de tout cela. Je n’ai d’ailleurs pas besoin de courir après un illusoire bonheur bien standard comme on aimerait nous imposer. Je n’ai juste qu’à regarder ce que je fais, ce que je répète comme comportement, comme sujets ici-même. Je parlais il y a quelques semaines de besoin et d’envie. En fait, j’ai régulièrement des périodes où j’ai besoin de créer des choses, de la musique, du texte, du dessin…Et d’autres où c’est juste l’envie de parler de quelque chose, de voir ça ou d’entendre cela. Ce billet, par exemple, c’est une envie plus qu’un besoin, un truc que j’ai noté, qui me trottait dans la tête mais que je n’ai pas pris le temps de traiter. Je n’ai pas eu besoin d’un coach pour me dire : « Dis donc, tu n’en as pas marre d’avoir 20 brouillons dans ton wordpress ? « . Juste attendre patiemment que cela vienne, parce que je sais que l’inspiration sera là, ou que je devrais aller un peu la provoquer.

En parlant de coachs etc, j’avais entendu parler de Julia De Funes, oui, la petite fille de l’autre qui verse dans la philosophie grand public. Là, j’ai l’envie de lire ce qu’elle écrit, et elle ne porte pas ces « coachs » dans son cœur. Sauf qu’en réalité, c’est assez creux, pompeux dans le recours aux références philosophiques et rien d’autre qu’un livre … d’un coach, ah, ah. Un peu comme le type qui a écrit sur la fabrique des idiots avec les écrans, ça part d’une bonne idée et ça vire vite à l’égo-trip. Finalement, c’est la machine capitaliste de la recherche du bonheur qui fait marcher tout ce truc, vendre du papier, parler pour ne rien dire. Philosophes, psychanalistes, chercheurs, journaliste y ont trouvé leur gagne-pain. Tant mieux pour eux, tant pis pour nous Mais c’est curieux, j’ai des périodes où j’aime aller voir ce qui fait parler dans les chaumières bobo, les trucs à la mode, juste comme ça, par curiosité malsaine, alors que je sais au fond de moi que ce n’est pas pour moi.

Il y a bien des théories sur des cycles dans la vie, entre les biorythmes, les divers horoscopes. D’ailleurs mon côté mystique me fait regarder aussi périodiquement les prédictions. Ils ne l’avaient pas prévu cette fin d’année 2019 pour moi et finalement tant mieux, car je n’aurai rien pu faire contre. Assurer ses arrières, c’est bien, mais à un moment, la vie nous rattrape quand même. Les planètes, exemple parfait de cycles qui s’entrecroisent, peuvent très bien s’aligner pour quelque chose, je n’y peux rien et n’irai pas prendre ma DeLorean hybride pour changer le cours du temps. Je n’irai pas non plus dévier la course des étoiles. La théorie c’est bien, j’y préfère la résilience, cette capacité à encaisser les coups, les épreuves, tout en ayant les ressources nécessaires pour s’en dépêtrer et remonter la pente.

Tenez, comme quelqu’un que je connais, j’ai une histoire particulière avec les toilettes et les évacuations de celles-ci. Ca revient très périodiquement et à chaque fois que j’emménage, j’ai droit à un problème dans le premier mois. Là, ça faisait un moment que je n’avais rien après avoir refait tout le système d’évacuation. Ça manque de pente, je n’y peux rien mais maintenant je suis équipé pour déboucher tout problème. Et un matin pluvieux j’ai eu l’intuition par des remontées de bruit, et d’odeurs, qu’il y avait un truc anormal. Je vais jusqu’au regard concerné sous la pluie, la lampe électrique à la main et là, catastrophe : Bouché par de la merde et du papier. Je vais chercher le furet (pas l’animal, l’objet) et je finis après 15 minutes par déboucher le truc puis par tout nettoyer. Le regard est placé à un coude et le fond est un peu usé avec un morceau de ciment qui a du ne pas aimer le froid. Ça accroche la merde et le papier et ça finit par boucher. Quand tu as quelqu’un à la maison qui a des problèmes gastriques, c’est le jackpot. Donc j’attends d’avoir un temps meilleur, un peu moins froid et que madame aille mieux. En attendant, je vérifie chaque matin que ça s’écoule et je mets un bon coup de jet d’eau. Ça va mieux mais j’attends pour faire la réparation au ciment qui va bien. On peut parler de malédiction, de cycles, mais c’est simplement un aléa de la vie.

Je parlais de DeLorean, de temps…En parlant de fantastique, de science-fiction, c’est aussi une envie cyclique. J’ai mis de côté certains de mes auteurs fétiches mais ils reviennent, comme la Fantasy. Pas assez à mon goût car écrire et lire à la fois, c’est compliqué. C’est même gênant car ça peut influencer dans son style ou dans le contenu. J’ai repris une période Lovecraft en revenant aux origines tout en allant voir ceux qu’il inspire encore aujourd’hui. Je ne pense pas que cela influencera en quoi que ce soit le roman feuilleton entamé car je n’ai prévu aucune divinité ou aucun cauchemar chez mes héro.ine.s. Lovecraft correspond aussi à une période de ma vie, de l’adolescence et le relire c’est à la fois de la nostalgie, un défouloir créatif et un besoin. J’ai aussi une envie de relire une énième fois Tolkien, pour vérifier que ma perception et celle de Peter Jackson est très différente, par exemple. Comme j’avais pu le vérifier sur diverses adaptations, d’ailleurs, du Conan de Robert Howard au Elric de Michael Moorcock. Adolescence mais aussi des aventures très sexuées, je trouve. Mais ça c’est un autre sujet.

Le défouloir, ces derniers mois, ce fut un peu du coté des réseaux sociaux que j’ai un peu (trop) fréquenté. Au fond, je sais pourquoi…Et ça ne m’a pas rassuré sur l’état de ce monde, l’hystérie grandissante sur des sujets anodins. Ca m’aura, au passage, montré le mauvais côté de certains et le bon d’autres connaissances virtuelles ou réelles. Mais de manière cyclique, je m’en éloigne très vite pour revenir dans ma grotte. Je laisse juste les robots faire le reste. Alors je n’ai pas participé à ces disputes au sujet d’une certaine Mila dont je n’ai même pas voulu savoir ce qui avait provoqué des menaces. Juste que j’aime me souvenir du dicton « qui sème le vent… ». Là encore, l’éducation au numérique rate beaucoup de chose, ou n’existe pas. Je n’aurai pas aimé être adolescent ces 20 dernière années. J’aime à penser que ce sera aussi un cycle dans l’utilisation de ces outils, qui ne sont pas très vieux et sont même très éphémères à l’échelle de notre humanité ou d’Internet. Il n’y a qu’à voir ce qu’est devenu Facebook, un truc générationnel pour gens de 40-60 ans, comme Instagram le devient pour les futurs trentenaires déjà. Et en Chine c’est encore autre chose. Des cycles…

Et puis dans les sujets que j’aborde de manière cyclique, il y a ce qui tourne autour du logiciel libre. Cela fait un bail que je n’ai rien fait parce que, comme d’habitude, je n’ai strictement rien changé à mes pratiques ou logiciels. Je suis un très mauvais client finalement, recherchant la stabilité plutôt que l’évolution permanente. Je commentais un article de Cyrille autour des mises à jour. J’ai une très vieille version de Libre Office sur mon PC, tout simplement parce que les 6.x n’aiment pas mon vieux Atom. Difficile à comprendre pourquoi et pas de besoin particulier d’aller dessus donc j’ai une 5.x dernière évolution. De même pour ma Debian que j’ai gardé dans du 8.x de fin de carrière parce que sinon je mets à genou le PC. Sur un PC récent, je mettrai le dernier cri. Sur mon smartphone, je mets à jour la sécurité mais après je regarde les logs avant d’agir. N’ayant pas de version 8 ou 9 de l’OS, la plupart des corrections de bugs ne me concernent pas. J’ai même vu des mises à jour foireuses, comme l’application Pathé qui sert aux e-billets de cinéma qui ne fonctionnait pas. Retour à un vieil .apk pour que ça tourne. Autour de ce problème, il reste la capacité de l’utilisateur à faire le tri dans toutes ces informations.

Carrés avec cercles concentriques de Wassily Kandinsky 1913

Je ne suis pas en recherche de la nouveauté, de fonctionnalités nouvelles dont je n’ai pas besoin. Et j’ai pourtant l’impression qu’on fait de la nouvelle version juste pour « vendre », même quand c’est gratuit, sans apporter toujours ce Plus marquant à l’utilisateur. On touche plus souvent à la forme qu’au fond et ça me pose vraiment un problème. C’est pour moi une vision du monde à revoir totalement. Que l’on invente vraiment une nouvelle manière de travailler, que l’on réinvente la saisie, la présentation , je veux bien. Mais quand c’est juste pour changer la tronche des menus, mettre du relief ou en enlever dans les boutons et changer les icônes, il faut arrêter. Je n’ai pas l’impression d’avoir vu une révolution dans les suites bureautique depuis 15 ans…sauf une proposition oubliée de fonctionner avec des calques entre des documents textes, des tableurs, des images. Pour les plus experts, cherchez du côté de BeOS 😉 Malheureusement, ma chronique de l’époque est tombée dans les oubliettes d’un site spécialisé avec un insecte.

Notre monde actuel veut réduire les cycles de renouvellement pour garder de la croissance. On a beau parler des risques environnementaux, ça ne change pas vraiment et même le souci écologique nous pousse à changer et renouveler. Désolé, je ne jette que ce qui ne fonctionne plus et ne fonctionnera jamais plus. On réalise pourtant qu’on peut refaire des immeubles à neuf en gardant l’ossature ancienne. On peut même électrifier des voitures anciennes…Bon là j’ai un souci. Parce que derrière cela, il y a une technologie qui évolue beaucoup trop vite aujourd’hui et on n’a pas changé les moteurs thermiques au fil des évolutions, parce qu’on « respecte » ce qu’était le produit d’origine. Encore que, les USA ont un mode de pensée différent, hum. Mais dans le cas de l’électrique, il y a un risque de gâchis sur les batteries sans parler du sociologique autour de cela (qui peut se permettre cela, qui aura accès aux recharges, qui paiera chez soi pour adapter son installation…). Il y a un risque sécuritaire aussi parce que les normes sont complexes en conception et que les bricoleurs de bagnoles n’ont pas les formations nécessaires. Il faudra que je reparle encore de cela quand j’en aurai l’envie. Mais tout cela participe aussi de ce besoin malsain de la nouveauté perpétuelle qui ne me semblait pas aussi inhérente à l’humain dans les siècles passés.

Attention, je ne parle pas de refuser le progrès, je parle de la nouveauté sans progrès. Typiquement, c’est notre gouvernement français qui érige le mot « réforme » comme nouveauté nécessaire tout en ne l’associant pas à progrès mais à régression. C’est comme la mode vestimentaire qui pousse à changer de vêtements, à jeter ou revendre les anciens, juste pour …être à la mode. Futilité, l’usure nous fera y être un jour ou l’autre. Surtout que là aussi on fait de la merde qui s’use vite dans des pays où l’on fait travailler des enfants en plus ou des esclaves. Et vous me demanderez pourquoi je ne pleure jamais sur le sort des boutiques de vêtements. Enfin si, sur les rares qui vendaient des produits corrects, qui ont disparu, parce que … plus à la mode ! Le progrès ce fut le tactile partout aussi dans l’informatique. Tablette, hybride, … On a même inséré des espaces tactiles sur les claviers. A voir les gammes actuelles de PC portable, la mode est passée et les Windows avec les tuiles tactiles paraissent un peu anachroniques sauf sur tablette, ces trucs où on peut surtout faire des croquis, dessiner, à la main. Ce gadget a fait vendre un peu plus de pc, c’est tout mais pour avoir essayé, je n’étais pas convaincu du progrès. Je ne dis pas qu’un jour un clavier virtuel qui te renvoie l’information de la frappe ne fonctionne pas mieux mais le cycle de renouvellement l’a emporté sur celui du progrès. Maintenant on te vend de la finesse et de la légèreté, comme il y a 5 ans sur les smartphones qui te vendent aujourd’hui de multiples objectifs photo. Sur le fond, pas de progrès, surement pas en réparabilité.

Oui mais alors, refuser ce cycle de la nouveauté perpétuelle, c’est bien joli, mais alors on ne fait plus rien? Les rares entreprises qui refusent cela meurent, c’est vrai, et plutôt à cause de leurs clients. Le phénomène s’est accéléré après la crise pétrolière. Pire même, cela influe sur nos amours, comme le souligne la sociologue Eva Illouz. L’amour devient jetable, le sexe devient un commerce ou un amusement au même titre qu’un jeu vidéo; Drôle de monde. Alors je refuse comme je peux le diktat de ces cycles imposés en cherchant à durer. En dehors de ce cycle commercial, mes propres envies récurrentes sont à canaliser. Je m’organise pour noter mes idées, par exemple, pour ne pas tomber dans une période de folie créatrice. Je me ménage des créneaux où je peux m’adonner à cela, sans que cela tombe forcément dans la routine (« de 6h25 à 7h14 je déjeune puis de 7h15 à 8h27 j’écris »….No way !). La routine est ma souffrance en fait, quand d’autres s’y complaisent. Tant mieux pour eux, c’est aussi ça la différence à accepter. Car ce que l’on a du mal à organiser pour soi, il faut aussi le prendre en compte chez l’autre, qu’il soit conjoint, enfant ou même collègue, subordonné, … Là on entre dans un dialogue ou une relation dominant dominé selon les cas. Je vous laisse deviner ce qui fonctionne. Et là encore j’ai fait long et pas du tout comme je l’avais imaginé !

1 réflexion au sujet de « Réflexion : l'an cyclique »

  1. Nul ne s’est jamais perdu dans le droit chemin (Goethe) et c’est vrai aussi quand il faut mettre en place un système d’évacuation des eaux usées 🙂
    A pluche.

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