Cinéma : Wonderland, le Royaume sans pluie de Keiichi Hara (2019)

Encore un candidat à l’héritage Ghibli, même s’il n’a aucun lien avec la célèbre firme…Non, Hara Keiichi se réclame plutôt du réalisateur Keisuke Kinoshita. Mais dans ce film il y a un aspect conte (c’est une adaptation d’un livre pour enfant) qui le rapproche de la firme au Totoro.

Contrairement au récent Les Enfants du temps, il n’y a pas de problème avec trop de pluie, mais plutôt un manque de pluie. Le film débute avec la jeune Akane qui vit en bordure d’une ville dans une jolie maison fleurie avec sa mère. Elle s’y ennuie mais en se rendant chez une amie de sa mère pour son anniversaire, Chii, se retrouve propulsée dans un monde parallèle. Entre le magicien d’Oz et Alice au pays des merveilles, la voilà missionnée pour sauver ce royaume de la menace du terrible Zang et de son acolyte. Aidée par l’alchimiste Hippocrate et de Pipo, Akane devient la déesse du vent vert. Mais réussira-t-elle à faire revenir l’eau et les couleurs dans ce monde ?

L’histoire est moins alambiquée ou ésotérique que celles de Miyazaki. Pourtant on retrouve cette touche japonaise dans une histoire qui a tout d’un conte. Je citais des références occidentales car on voit vite des parallèles, tout autant qu’avec notre monde moderne, la pollution, l’écologie. Le titre, Wonderland, ne trompe pas non plus. Dans cette histoire, il y a une critique sous-jacente de la révolution industrielle et de notre course technologique depuis, puisque le monde ressemble à l’Angleterre victorienne, avec une pointe de Steampunk, même. C’est un retour à des valeurs de simplicité et d’humilité. L’histoire le dit elle même, ce royaume a refusé le changement contrairement à notre monde. On se retrouve alors dans une sorte d’uchronie.

Très classique d’aspect, le film alterne le très bon et le banal, notamment dans l’animation parfois un peu simpliste même dans l’utilisation de l’image de synthèse. Dommage pour celui qui a commencé avec Doraemon. Tiens, d’ailleurs, il y a beaucoup de chats ici aussi. Le rendu est plus « kawaï » et adresse le film à un public un peu plus jeune qu’un Miyazaki. S’il y a toujours une double lecture, je trouve que le film est moins adulte, tout en restant de très bonne facture. Un joli dépaysement, une histoire dont je ne dévoilerai totalement le sens profond, … Je conseille donc la séance de rattrapage pour ce film sorti au cœur de l’été 2019.

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