Cinéma : Midsommar de Ari Aster (2019)

Quand j’avais vu la bande annonce, je m’étais dis « Ouahou, il faut que je vois ce truc »…. Car si le film est dans le genre « Horreur », à priori, il tient aussi du thriller psychologique et n’a surtout pas du tout le rythme habituel du teen movie horrifique de l’été.

Ari Aster aime installer son ambiance dans ce film de 2h27 et pourtant ça ne paraît pas si long, tant la tension s’installe avec son lot de mystères. L’histoire ? Dani et Christian, deux étudiants à la fac sont sur le point de se séparer quand la famille de Dani est touchée par une tragédie : Sa soeur se suicide en tuant ses parents …Attristé par le deuil de la jeune femme, Christian ne peut se résoudre à la laisser seule et l’emmène avec lui et ses amis à un festival estival paien qui n’a lieu qu’une fois tous les 90 ans et se déroule dans un village suédois isolé.

Midsommar, cela signifie « Solstice d’été ». Et donc ce festival tourne autour du soleil, des moissons, du cycle de la vie. Le réalisateur a un style plutôt contemplatif en apparence, avec des plans de coupe très léchés, une photo travaillée et une utilisation du flou pour masquer les détails dérangeants. Pourtant, on est touché par la jeune Dani (Florence Pugh), la girl next door blonde classique de tout film d’horreur. Dans le genre code du film d’horreur, nous avons aussi le groupe d’ami avec le pote noir qui mourra sûrement en premier. Malgré ce manque de surprise apparent, le film installe une gène qui peut parfois aller jusqu’à la nausée. On sent qu’il se passe quelque chose dans ce village, mais quoi ?

Tout bascule à l’heure de film avec une scène qu’on voit un peu venir, mais pas dans l’horreur qu’elle dégage, du fait de la passivité des villageois, ou dans la réalisation plus gore qui surgit alors. Ce n’est pas un film tout public, c’est sur et je comprends que mes cinémas habituels l’aient zappé. Si on voit parfois les ficelles, il ne manque jamais d’aller au delà des limites que l’on se fixe souvent, provoquant le dégoût…Même les personnages en vomissent alors que l’ambiance du village est à la fête… Paienne. Il y a bien une sorte d’hallucination collective propre à une secte mais qui fascine jusqu’au spectateur au point que l’on finit par comprendre l’idéologie, comme le souligne Christian.

Comme souvent, la bande annonce en dit un peu trop mais est aussi là pour intriguer, captiver. On se doute que cela finira très mal, qu’il y a dès le départ un bâtiment du village qui est le coeur de l’intrigue mais jusqu’où osera-t-on aller ? Un film qui marque, malgré des défauts (effets speciaux/maquillage parfois à la limite du ridicule, style pouvant paraître excessif). Il sort en DVD, VOD, etc et peut vous réchauffer dans une soirée d’hiver un peu trop calme. Pour public averti.