Cinéma : Rocketman de Dexter Fletcher (2018)

Doit-on considérer le banal Bohemian Rhapsody comme le brouillon dans ce film ? J’en ai eu un peu l’impression, à la différence que le héros de l’histoire n’est pas mort. Et ça change tout.

Je soupçonne en effet fortement l’interventionnisme de Brian May et Roger Taylor d’avoir affadi totalement le film sur Queen, et simplifié de beaucoup l’histoire. Les changements de réalisateurs et acteurs en sont les témoins. Ici, Elton John a cherché une sorte de rédemption en faisant son mea-culpa filmique et en construisant lui même sa légende, comme s’il en avait besoin. Mais Dexter Fletcher est un bon exécutant, calquant la même trame sur les deux films : Enfance, Ascension vers la gloire, rencontre d’un individu toxique, chute, résurrection. Il n’y a donc aucune surprise dans la mise en scène à priori et quand en plus les acteurs étaient mal choisis dans le Queen (en dehors du héros, et encore…), ça donnait un truc consensuel et tout public qui ne m’intéresse pas.

Mais là, surprise, Dexter Fletcher s’est souvenu de ce qu’était l’alliance de la musique et du cinéma. Le côté baroque, excentrique de Sir Elton / Reggie Dwight, a permis de mettre de la comédie musicale dans le film. On se surprend à imaginer une version Broadway de l’ensemble. Mais n’allons tout de même pas crier au génie, sinon celui de la composition pour Elton John. Quelques numéros sortent du lot, notamment avec le petit Dwight (Matthew Illesley) sa mère et sa grand mère (l’excellente Gemma Jones vue dans Bridget Jones), les titres « feel good » de l’auteur faisant le reste du boulot. Mais le milieu du film retombe dans un ennui profond de banalité. Le personnage est plus creusé ici mais ca reste trop léger. C’est dommage car même la débauche d’Elton reste sobre (sauf pour nos amis russes qui ont censuré), du moins pour rester dans le « Tout public » cher aux studios. 

On a donc un peu de coke, de la Vodka au petit dej, un plan cul entre mecs, une supposée fellation et ça sera tout pour le Sex, et le Drug, après le Rock’n Roll. Il reste donc un film globalement réussi, sympathique malgré un Elton John vraiment insupportable quand il est sous l’emprise de ses addictions. Bernie Taupin est le gentil de l’histoire, fade, tandis que le méchant manager John Reid (Richard Madden) également manager de Queen à une époque, doit vraiment avoir fait quelque chose de mal à Dexter Fletcher. Elton aura la chance d’avoir un film à sa gloire lorsqu’il ira rejoindre d’autres légendes de la musique. Elton John a avoué lui même qu’il y avait des libertés avec la réalité. On s’en doute mais après tout, mieux vaut de l’exubérance assumée qu’un machin lisse et oubliable. 

PS : Dans le tracklisting de la VOST, il y a une chanson qui n’est pas d’Elton John mais qui fut interprétée par lui…Sauras-tu la retrouver ? 

3 réflexions au sujet de “Cinéma : Rocketman de Dexter Fletcher (2018)”

  1. J’aime pas trop les biopic de musiciens je n’irai donc pas le voir (et pas vu Bohemian Rhapsody non plus d’ailleurs). Celui-ci a l’air moins grand public en effet. Et on en parle moins aussi, du coup.

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