Réflexion : Je suis un libriste abandonné…

Ah que je ne parle pas d’abandonner le blog, cette fois, oh non!! Je parle plutôt d’une tendance à l’abandon des solutions libres pour revenir vers du propriétaire jugé plus fiable ou avec plus d’avenir. Que ne me suis-je posé des questions dans le passé pour ne pas suivre ce mouvement… ou l’avoir anticipé.

A force de tester tout et n’importe quoi, de tomber sur de sempiternels bugs ou incompatibilités de matériels, la tentation de revenir à Windows est grande. Enfin elle est d’autant plus grande quand on ne l’utilise plus depuis longtemps au quotidien, je trouve. Pour ma part, j’ai donc du Windows 7 sur un PC qui n’est pas le mien, parce qu’il y a des jeux dessus que je ne pourrais correctement faire tourner sous WINE, qu’il faudrait que je bricole pour faire fonctionner et la carte WiFi et la double carte graphique et que mes détours dans les différents forums pour ce modèle me font dire que le temps passé n’en vaut pas la chandelle. Mieux vaut investir du temps dans l’éducation numérique de l’utilisateur, une robuste solution de réinstallation à base d’image disque…Mais là, je comprends ceux qui veulent revenir à Windows. De l’autre coté, j’ai mon vieux tromblon anémique qui vivote encore sous Debian Mate 8.x. Le 9.x n’a pas l’air de trop lui convenir donc je reste sage. J’ai un package bien rodé avec le temps, ça réagit au quart de tour, souvent plus que le i5 de mon boulot. Car à mon boulot j’alterne entre des Win7 sur des i5 dernière génération qui rament comme pas possible avec tous les logiciels installés, et des Win10 pas beaucoup mieux avec en plus des protections pour les utilisateurs neuneus qui m’horripilent (les deux… :p ). Ajoutons à cela une instabilité chronique de mon PC boulot avec des pilotes qui sautent rapidement, même sur une installation neuve et je n’ai pas envie de ce système pour ma propre machine, sauf cas de force majeur. Côté parents, j’ai un PC win7 déconnecté et qui n’a pas eu un problème en 3 ans….Ils utilisent une tablette android pour toute la navigation internet. Au pire, je leur remets la Mint que j’avais mise sur le précédent PC. Car sinon, malgré tous les antimalwares et antivirus, antipubs j’avais droit à une intervention tous les 4 ou 6 mois. Ils sont doués…. Mais tous ont droit à des logiciels libres pour la vie quotidienne (sauf au boulot mais c’est pas moi m »dame, on m’a forcé)

ça ne me manque pas du tout…

Mais voilà, je ne suis pas forcément le libriste type, puisque je fige mon système (en dehors de mises à jour sécurité) dans le passé, dans une utilisation limitée, réfléchie. J’ai par ailleurs des solutions propriétaires fiables comme un NAS Synology que je n’échangerai pas pour un sou pour un OpenMediaVault maison. Ma philosophie est de rechercher fiabilité, économie d’énergie, maintenance minimale. La prise en main de l’engin est accessible aux utilisateurs de la maison et c’est déjà l’essentiel, en plus du temps de mise en route, du support, des possibilités d’évolutions et d’interfaçage… On pourra me répondre que je suis libriste quand ça m’arrange. N’est-ce pas finalement la liberté du libriste ? Je vais vers des solutions qui me permettent d’évoluer, d’accéder aux ressources nécessaires pour faire ce dont j’ai besoin. Je n’ai pas du tout l’impression que cela soit le cas sur les derniers Windows, tout comme les solutions d’Apple ne m’attirent plus du tout justement par les verrous mis par la marque (sans parler de l’impossibilité de réparer). J’en comprends le sens, mais ce n’est pas la philosophie de produit que je recherche.

Mais d’un autre côté, je ne suis pas sysadmin, je n’ai pas envie d’administrer mon propre serveur domestique aux petits oignons. Je ne suis pas non plus développeur avec des besoins de concevoir mes propres solutions ou d’améliorer le produit que j’utilise. J’utilise des produits propriétaires parfois quand je n’ai pas d’autres choix mais je me contente de chercher des alternatives libres quand elles existent. Je ne suis donc pas un « Barbu » du libre, cette communauté extrême qui pourrit souvent le truc…Ni même un prédicateur qui va aller vendre des solutions libres à tout crin. Il m’arrive d’en proposer lorsqu’on me parle de problèmes mais je n’ai pas cet aspect militant. Comme en plus je vais vers du matériel d’occasion, de niche (petite taille, peu de consommation), je ne suis pas du tout représentatif du marché global. Je recherche la frugalité logicielle et énergétique, c’est à dire faire le plus avec le moins, mais ne pas trop en faire. 

ni droit à l’image ?

Je n’ai pas besoin de logiciel de retouche puissant, ayant abandonné le créneau. Je n’ai pas besoin de logiciel de présentation même si je peux l’avoir dans Libre Office. Je n’ai que rarement besoin de logiciel de retouche vidéo ou de réencodage. Je n’ai pas besoin de logiciel de PAO ou de dessin vectoriel. Je n’ai pas besoin de séquenceur musical. Et lorsqu’il m’arrive d’en avoir besoin, je vais aller vers une version libre « Portable » que je peux utiliser sur n’importe quel poste. A moi les Inkscape, Audacity, Avidemux, … Le reste du temps, un petit tour sur mon android me suffit aussi. Mais Android, c’est le mal, ce truc qui nous espionne par le système, par la rom du constructeur et par les applications si on n’y fait pas attention (même chez Apple…). J’ai déjà parlé de mes 10 commandements de l’utilisateur de mobile. Il faudrait en rajouter d’autres mais là, il n’y a aucune alternative économiquement viable (le cas Huawei-Google pèsera-t-il dans des développements ? puisque l’on voit qu’un claquement de doigt d’un dictateur et plus de mise à jour d’OS, etc… ) et c’est ça qui m’énerve le plus.

Dans toutes ces défections vers du windows ou autre, je vois plus une réaction presque épidermique à toutes les mauvaises décisions prises et à l’assaut important de Microsoft sur le monde du libre (intégration de noyau, GitHub, intégration de la protection de la vie privée (sic) …). Il y a aussi ce sentiment de sur-place dans le monde du desktop qui ressemble à une cause perdue. L’opportunité Win10 (avec son espionnage dénoncé au lancement) a été clairement ratée car non anticipée. Au contraire, Microsoft a bien appris sa leçon et anticipé toute révolte en muselant le mouvement de l’intérieur. Je reste convaincu qu’après un petit tour chez Crosoft, ça va revenir la queue entre les jambes. J’y verrai même une part de provocation pour que ça fasse bouger les choses. Sauf qu’à notre petit niveau, face à des staffs libristes complètement endoctrinés et aveugles, ça ne risque pas d’anticiper beaucoup le Windows 11 qui n’en sera pas tout à fait un, et encore moins l’après Android. Dans la lutte de David contre (les) Goliath, la mythologie a peu de chance d’être respectée.

Ce qui m’inquiète encore plus que les OS, c’est le devenir d’autres solutions phares du libre. Pour le navigateur, Firefox vivote encore mais je ne comprends toujours pas cette prolifération de projets parallèles, entre un Firefox normal, un Focus et un Lite, plus tous les gadgets qu’on lance puis abandonne (bemol, la prochaine version mobile en preview va dans le bon sens mais il y a trop de confusion entre bookmarks, collection/sidebars,… et la disparition des plugins !) . Mozilla se prend pour Google ou quoi? Pour Libre-office et compagnie, il faut lutter contre la tendance cloud, office365. Une cause perdue face  la puissance commerciale. Le seul argument serait de dire que le cloud c’est mal, c’est plus lent… Mais question sureté, ça nécessite l’éducation des utilisateurs qui ne savent pas sauvegarder leurs documents. Pour le reste, les OS libres, doit-on tirer sur l’ambulance. On s’évertue à dire qu’il y a trop de types de bureaux, de branches, de forks qui font la même chose dans toutes les couleurs alors qu’il suffirait de penser commun et flexible. Y’a qu’à faut qu’on…sans compter que l’humain est un con. S’en suit alors une sorte de routine de mise à jour des OS, de nouvelles versions annuelles dont on se demande ce qu’elles apportent pour des utilisateurs « normaux », des projets qui ne démoulent pas…franchement à quoi bon sortir une Debian 10 quand on voit encore les problèmes de la 9, etc…

Dans cette situation, l’utilisateur lambda de libre, qui comme tout le monde est attiré par la nouveauté et ce qui brille, se sent abandonné. On lui dit un jour qu’un type de bureau est l’avenir, pour lui dire l’inverse le lendemain. On lui dit que ça va être plus rapide mais il voit bien que c’est juste le rendu, pas les ressources systèmes. Le libriste est comme l’électeur de gauche qui croyait à des promesses mais qui à force d’être déçu, arrête de voter, ou s’en va voir à droite si l’herbe est plus verte. Il va en revenir mais n’aura plus envie de rien, sinon de se contenter de ce qu’on lui donne, jusqu’à ce que ça meurt. Zut…C’est ce que je fais en fait ! Je me contente de faire vivre un système avec ce que j’ai, de trouver une machine full-compatible avec l’OS que je veux sauf qu’un jour, je ne trouverai que des OS en fin de carrière, développés pour tout autre chose que ce que je veux parce que finalement on se dira que GNU/Linux c’est bien mignon, mais c’est fait pour des serveurs, que Firefox, ça se contentera d’un PC aussi, ou que ça sera un fork de Chromium expurgé de l’espionnite potentielle.

Et puis l’utilisateur d’informatique est un peu comme le client de SUV. Il suit la mode sans se poser de question, même si ce qu’on lui propose consomme de la données, du temps CPU ou de la RAM pour rien. J’ai déjà parlé de ce problème de surconsommation de ressource. Je me souviens aussi des stockages en ligne proposés par Ubuntu ou des liens vers des services commerciaux. Que de la mode, des trucs inutiles par rapport à l’intégration possible de systèmes qui marchent (et ne sont pas libres) comme OneDrive, GoogleDrive, Box, Dropbox, Mega et j’en passe. Certains ont des versions sur OS libres, d’autres non mais on comprend pourquoi…Ils ont leur propre OS. Car je n’ai pas parlé encore de ChromeOS, de sa promesse de fusion avec Android qui rappelle celle de fusion entre les Windows Pro et grand public de l’époque 98 / NT. Là encore, la tentation est grande de basculer chez l’Alphabet et ses multiples services, ses PC moins chers, … Si ces PC peuvent parfois être convertis en libre, c’est quand même galère et on s’aperçoit vite que le modèle est le PC aussi jetable que le mobile avec une absence de mise à jour. La mode informatique est à l’inverse du développement durable, un peu comme l’habillement. Il faut sans cesse proposer du nouveau, du relooké mais ça n’apporte rien de plus. On jette, on revend, ça fait du business, de la croissance, on est content. Sauf qu’à ce jeu, le libre ne sait pas jouer, s’épuise.

Eugène Delacroix – La liberté guidant le peuple – 1830

Le libre n’anticipe pas, il court après la mode. Il n’y a qu’à voir les changements d’interface de Firefox, qui ne fait plus que suivre les autres.  Que quelqu’un me cite une invention du libre reprise par des logiciels propriétaires… en dehors d’un cœur de système forké à son profit. C’est un peu normal puisque les têtes pensantes iront chercher à vivre chez le plus offrant plutôt que chez un employeur utopiste qui paye peu ou pas. Ainsi est la loi du marché. Mais je m’en contente bien, si au moins on arrêtait de suivre toutes les conneries des autres pour justement se poser en alternative. Je vais prendre une comparaison automobile : Quand Renault a relancé Dacia, il a proposé un modèle différent, pour une clientèle différente en vendant de la simplicité, de la fiabilité supposée par cette simplification, du low cost mais suffisant. Aujourd’hui, ils vont être confrontés à un saut technologiques qui va faire exploser les coûts (les batteries de l’électrique) mais on va voir justement s’ils vont suivre cette mode ou tenter autre chose encore. Je parie pour la première puisqu’ils ont déjà embourgeoisé la marque avec un SUV, même simplifié.

J’ai la conviction que le libre a oublié la philosophie de base dans le développement des produits. Si on a toujours gardé l’idée de pouvoir s’adapter, de faire ce que l’on veut avec, on a oublié que c’était pouvoir prolonger la vie d’un produit qui n’est plus supporté, que l’on force à changer pour peu de chose (relire la bio de RMS…). Le libre est pour moi indissociable du marché de l’occasion et du recyclage. Ca, pour le coup, c’est hyper tendance et presque en avance sur les solutions propriétaires. Je ne dis pas forcément qu’il faut continuer avec les OS 32 bits… Il y a une fin à tout. Mais il faut revenir à du raisonnable en terme d’utilisation des ressources, à repenser tout sur cette philsophie, tout en laissant la possibilité de faire « beau » à ceux qui le veulent. Il faut juste inverser les options, partir du moins fiable pour aller vers le plus. Je sais, ça existe, mais ce n’est pas accessible à tous, toutes les machines. Concilier cela, ça a même existé il y a quelques années avant que l’on se perde, que l’on abandonne l’utilisateur à lui même.

Il y a quelques semaines, j’en ai eu assez de tous les bugs de la ROM CyanogenMod du Motorola MotoE 2015 de madame. Il ne mettait plus à jour la bibliothèque de média, ne voulait plus rien installer sans redémarrer, déclenchait l’appareil photo lorsqu’on le pose…Et j’en passe. L’exemple même de la libération ratée d’un système, faute de finition. J’ai regardé des roms plus récentes et on a toujours du « not working ». J’ai trouvé finalement la rom d’origine, avec bien du mal car dans ce monde de l’éphémère, un téléphone d’il y a 4 ans n’intéresse déja plus. Et après une petite remise à jour de mes outils j’ai reclaqué les fichiers dedans et j’ai rebooté comme s’il était neuf. Il fallait encore retrouver d’anciennes versions d’apps que je sais où trouver ou que j’ai conservé, sentant la merde venir. Et bien tout ça, il faut être un forcené maintenant pour passer 4 h à rendre un téléphone fonctionnel. Un peu comme Le Manchot qui s’est tapé la chinoiserie de Cyrille… Autant vous dire que j’ai tout sauvegardé chez moi, maintenant et je devrais faire ça sur chaque nouveau téléphone en fait, dès fois que. Mais surtout, quand je vois la profusion de roms en développement sur ce même téléphone et pas une qui est correctement finie, je retrouve exactement le problème du libre. Ah, pour coller le dernier Android sur un téléphone qui n’est pas prévu pour, il y a du monde. Mais pour faire le boulot jusqu’à la fin, personne. En attendant, pour libérer cette rom « usine » qui fonctionne bien, c’est aussi du sport derrière. A se demander finalement si le mieux dans tout ça, ce n’est pas le bon vieux téléphone idiot et le PC d’occasion. .

Une décroissance à laquelle personne n’est prêt en fait. Le libriste n’a pas été prêt à prendre un téléphone basique sous FirefoxOS déjà. Plus qu’abandonné, on se sent perdu dans ce monde qui croit donner le choix avec des tonnes de sorties de pc, mobiles, tablettes tous les mois mais qui en fait ne fait que s’enfermer. Là encore, au premier essai infructueux de rom, je me suis demandé ce qui pourrait remplacer, avec les contraintes spécifiques de madame, ou les miennes. Nous ne sommes pas dans la cible, je vous dis. Nous ne sommes ni des CONS..sommateurs, ni des illuminés du libre. On s’en fout de nos désidératas. Et comme en plus le monde du libre se fout aussi de nous, nous sommes dans les libristes abandonnés, un truc où il y a de plus en plus de monde, au point qu’on va bientôt faire le FLAN : Le Forum des Libristes ANonymes et son fameux parti le FLAC, Front des libristes anonymes en colère. Ca va chier… Un peu de désespoir avec notre AliceInChains français pour terminer.

https://www.youtube.com/watch?v=9Yhp9jMjyfg

5 réflexions au sujet de “Réflexion : Je suis un libriste abandonné…”

  1. Il faut juste inverses les options => Il faut juste inverser les options.
    J’imagine que tu as des besoins « spéciaux » ou une machine « exotique » pour dire que Debian à des problèmes, personnellement chez moi tout est fonctionnel sur les différentes machines, il m’arrive de passer sous Windows avec des machines virtuelles pour « m’amuser » et je dois dire que cela ne me donne pas envie de changer de crèmerie, à la bibliothèque il y a encore un vieux XP qui rame et un W7 qui ne court pas bien vite (mes collègues se plaignent de la lenteur), j’avais proposé de leur prêter une machine sous Debian histoire de voir la différence mais c’est resté lettre morte (moi je ne me sers pas du PC là bas).
    C’est vrai que pour utiliser un lecteur de code barre sous Debian, il faut un peu bidouiller mais cela ne demande pas un gros investissement.
    Mon Nokia 2630 est toujours opérationnel pour « mes » besoins actuels et voila plusieurs mois que je regarde vers quoi le remplacer sans trouver mon bonheur.
    Dans dix jours je passe tous les PC de la maison sous « Buster » et le mien sous « Bullseye » 🙂
    A pluche.

    • On peut dire qu’un netbook au chipset bizarre et un PC portable avec double carte graphique NVIDIA/Intel c’est exotique…mais surtout si solution il y a, elle a tendance à ne plus être valable sur la version suivante. En bon maintenancier, je ne touche pas une machine qui fonctionne.
      Plus tard, je changerai par du plus standard, en occasion.

  2. Hello Iceman !

    Je te suis, depuis quelques années, certes en silence, mais ce billet mérite réflexion/réaction et tu fais désormais partie des gens qui se posent beaucoup de questions autour du « Libre » en tentant, à mon avis, de comparer ce qui n’est pas comparable…

    Même si les « communautés » impliquées dans le « Libre » sont grandes, même si elles comptent dans le paysage « numérique », elles ne rivaliseront jamais avec les firmes dont certaines sont désormais plus puissantes que certains petits pays ! Quant à parler de « bataille », il n’y en aura jamais…

    Cela fait longtemps que je roule ma bosse dans le monde de l’Informatique, dans de grands groupes internationaux et tout ce que j’ai appris au fil de ces années se résume en cette phrase : la meilleure solution est celle qui répond au(x) besoin(s), qui fonctionne, que l’on peut maintenir, le tout dans le budget prévu. Que ce soit « propriétaire » ou pas, que ce soit exotique ou pas, au final on s’en moque !

    Personnellement, j’utilise essentiellement des solutions libres, en partant de l’OS jusqu’aux applications parce que j’aime ça, cela me paraît simple et ça fonctionne. Pour autant, je n’en fais pas l’apologie, ni la publicité… Je m’inspire également des méthodes de travail utilisées dans le « Libre » comme le partage « intégral » de mes connaissances, je n’ai rien à cacher et tout à partager…

    J’ai travaillé sur des centaines de projets (jusqu’en Chine et à Madagascar!) et j’ai rédigé des milliers de documents. Et quand on me dit : ben alors toi tu maîtrises bien Word ou Powerpoint alors je réponds tout simplement : désolé je n’utilise pas ces solutions mais si tu es curieux alors je peux te montrer ce que j’utilise et t’expliquer pourquoi j’utilise ces solutions. Tout cela pour en arriver à la conclusion suivante : même à un certain niveau de responsabilité et au sein de grands groupes, on peut rester simple tout en produisant des solutions et des documents professionnels.

    Ensuite, je comprends très bien qu’il y des cas où l’on ne trouve pas d’alternatives aux GAFAM (c’est bien de cela qu’il s’agit n’est-ce pas?), libres ou pas d’ailleurs, soit parce que l’on a des besoins spécifiques, soit parce que l’on utilise des configurations matérielles spécifiques (par rapport à un usage standard) et alors, où est le problème ? Le « Libre » n’est pas une religion et encore moins une secte, on l’utilise quand c’est possible, on y adhère quand c’est possible, on s’y associe quand c’est possible, on y coopère quand c’est possible et un point c’est tout !

    En conclusion, j’aurai tendance à dire que le « Libre » est une alternative, une sorte de contre-pouvoir et de garde-fou vis à vis de gigantesques entreprises qui veulent nous imposer un modèle qui n’est pas souhaité par tous. Le « Libre » prône les formats ouverts, un partage des savoirs, une accessibilité certaine et c’est déjà très bien ! Je sais aussi qu’il y a des ayatollahs du « Libre » et comme nous le savons tous, les extrémistes desservent toujours leur « cause » et c’est bien dommage. Au final, ne t’en veux pas de ne pas toujours trouver ton « bonheur » dans les solutions Libres, ce n’est pas grave et il n’y pas « blasphème » !

    Très amicalement.
    Le Castillan.

    • Bonjour Fabrice

      Le billet était là pour alimenter la réflexion et j’avais deja dit qu’il était utopique de penser que le libre domine le monde. Le problème est plus dans la regression à laquelle nous assistons avec des disparitions probables de solutions libres et des acteurs qui abandonnent. Cela ne va pas dans le bon sens par manque d’anticipation et une offre trop riche sans être concurencielle.

      Après, je suis un peu comme toi à trouver mes propres solutions, les partager parfois, expliquer ma démarche « non propriétaire  » lorsque je propose quelque chose et surtout de voir le suivi et la maintenance derrière.
      Quand tu dis que le libre n’est pas une religion, je partage l’avis mais pour certains c’en est une…avec les conséquences regrettables …

      Le libriste abandonné c’est celui qui est pragmatique comme nous et ne veux pas être dans le tout libre ou tout propriétaire. ..tout en cherchant l’amélioration continue.

      A+

  3. Eh bien nous voilà donc sur la même longueur d’onde ! Malheureusement je ne suis pas assez « technique » pour collaborer très activement sur des projets mais j’essaye, tant bien que mal de défendre les principes du « Libre » à chaque fois que cela est possible et tout en restant réaliste!
    Bonne soirée.

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