Cinéma : Le Mystère Henri Pick de Rémy Bezançon (2019)

Comment présenter ce film qui n’est que l’adaptation d’un livre de David Foenkinos ? Un film sur l’univers du livre, sur un livre… Non, un polar sur un livre mais sans cadavre. Pas un cadavre exquis non plus. On s’y perd et c’est si bon.

Car c’est aussi une comédie et il est classé comme tel. Une jeune éditrice (Alice Isaaz) trouve un jour un roman refusé dans une bibliothèque de Crozon (Finistère). C’est le pizzaïolo du coin qui l’aurait écrit. A sa sortie, le critique littéraire star de la télé Jean-Michel Rouche (Fabrice Luchini) ne croit pas à l’authenticité du livre. Il part faire son enquête, rencontrant la fille de l’auteur supposé (Camille Cottin) pour comprendre qui est ce Henri Pick.

Un bon film a besoin d’un ensemble d’éléments pour charmer le spectateur. Il faut une bonne distribution : C’est le cas, même si Luchini est sans surprise. Il faut une bonne histoire et on la tient avec cette part de mystère. Il faut une bonne mise en scène et c’est présent dans la construction du récit. Il faut une bonne photo et les décors de la Bretagne sont là pour donner du cachet. Il faut de bons dialogues et c’est le cas dans ce scénario adapté par le réalisateur et Vanessa Portal. Tout fonctionne parfaitement sans temps mort pour une histoire qui aurait pu sombrer dans la banalité. Foenkinos a ce talent dans ses histoires, donc j’en imagine bien la base.

Et puis nous abordons le monde de l’édition, du livre, de l’écriture et cela me parle un peu. On sent une pointe d’acidité dans la critique de ce milieu, celui des critiques aussi avec les émissions littéraires où l’on parle beaucoup pour ne pas dire grand chose, où le petit monde parisien regarde le reste de la France de haut. Luchini est évidemment bien choisi pour incarner cela, alors que Camille Cottin confirme une fois de plus l’étendue de sa palette d’actrice. J’ai revu aussi avec plaisir Hanna Shygulla, inoubliable dans le mariage de Maria Braun. J’étais vite happé par cette histoire, son enquête et son ton léger et drôle. Un film que j’apprécierai sans problème de revoir, même en connaissant le dénouement et c’est assez rare. Sans atteindre le rang de chef d’oeuvre, il s’en dégage une sympathie communicative, au point que dans la salle, les rires fusaient sans qu’elle soit remplie. Seul bémol, une conclusion plutôt banale.

3 réflexions au sujet de “Cinéma : Le Mystère Henri Pick de Rémy Bezançon (2019)”

  1. Ça a l’air gentiment sympa. Merci pour ta chronique qui offre un paerçu critique du film car je ne pense pas aller le voir, pas très cinéma français j’en vois donc peu. Pourtant j’aime les livres mais justement la critique du milieu littéraire Pairs-bobo-littérature blanche ne m’intéresse pas des masses, vu que ce n’est pas la littérature que je lis.

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