Danse : Le Lac des cygnes de Tchaikowski – Paris Bastille 2019

Classique de la danse, ballet sans doute le plus dansé au monde, le Lac des Cygnes restes toujours aussi populaire et il me fallait le (re)voir, mais cette fois à l’Opera Bastille. Il n’y avait qu’une semaine que les représentations avaient repris.

Mais je dois rappeler l’histoire, pour une oeuvre créée en 1877 par Tchaikosvski, puis recréé en 1894 sous la direction de Marius Petipa puis modernisé par Rudolf Noureev en 1984. « Le jeune prince Siegfried fête sa majorité. Sa mère, la reine, lui annonce que, le jour suivant, au cours d’un grand bal pour son anniversaire, il devra choisir une future épouse. Vexé de ne pouvoir choisir celle-ci par amour, il se rend durant la nuit dans la forêt. C’est alors qu’il voit passer une nuée de cygnes. Une fois les cygnes parvenus près d’un lac, il épaule son arbalète, s’apprêtant à tirer, mais il s’arrête aussitôt : devant lui se tient une belle femme vêtue de plumes de cygne blanches. » Qui ne connaît pas le thème de Tchaikovski, tellement employé et ayant inspiré jusqu’au Cinéma.

Le danger est aussi là dans une oeuvre tellement connue qu’elle n’amène plus de surprise. Le décor d’Ezio Frigerio dans cette version, reste sobre entre le palais du prince et de la reine, et le lac plongé dans la pénombre. Les costumes de Franca Squarciapino sont globalement sobres avec de franches réussites sur celui de Rothgart (le méchant de l’histoire dansé par François Alu). La lumière de Vinicio Cheli sais se faire oublier mais se magnifie dans la scène finale. Evidemment, l’orchestre de Bastille joue live sous la direction de Valery Ovsyanikov. L’oeuvre est surtout portée par ses solistes : Germain Louvet pour Siegfried et Léonore Baulac pour les cygnes blancs et noirs Odile/Odette. J’ai quelques réserve pour Louvet par rapport à cette mise en scène de Noureev qui réclame beaucoup d’énergie et d’explosivité alors que Louvet est un danseur plus romantique et élégant. Nul besoin pourtant de s’y connaître un minimum pour apprécier cela et l’histoire que dis-je le drame est si intense que l’on ne peut y résister.

Le parti pris de la mise en scène était parfois un peu trop sobre à mon goût mais la magie opère grâce à la puissance de l’oeuvre, à sa partition mais aussi à ses scènes iconiques comme « La Danse des petits Cygnes« . Le quatuor de danseuses y était parfait et nul doute que l’on retrouvera au moins l’une d’entre elles au sommet. Par contre, la représentation a été entachée de pas mal de petites fautes de pied, de synchronisation et même une chute. Les puristes critiqueront certains mouvements qui ne vont pas « au bout » jusqu’à la tenue parfaite. Le pas de trois du troisième acte manquait un peu de la folie qui caractérisait Noureev, à mon goût, mais cela tenait plus du choix de chorégraphie que de l’investissement des danseurs. On retrouve pourtant bien la dimension quasi freudienne de la version Noureev, une sexualité à fleur de peau qui émane de cette histoire et les ambiguïtés entre les personnages, d’autant que les interprètes semblaient parfois « trop jeunes » pour leur rôle.

Ah oui, j’oubliais de parler du public…Il était composé en majorité de cinquantenaires et sexagénaires, blancs pour la plupart mais il y avait quelques familles avec de jeunes enfants, et des passionnés de danse, pratiquants. Oups, j’ai oublié de vous dire que je n’étais pas à Bastille mais dans une salle d’un réseau de cinémas qui diffuse en direct la représentation. On ne ressent pas la puissance de l’orchestre et l’acoustique reste moins bonne. Mais en contre-partie, on voit beaucoup mieux l’oeuvre, bien assis dans un bon fauteuil, avec des gros plans, des plongées, etc… J’aurais rếvé que mes parents m’emmènent voir cela quand j’étais petit. Le rêve reste tout de même pas si accessible puisqu’il en va de 25 à 30 euros, à moins d’être invité ou d’avoir des points fidelité. Je ne suis pourtant pas déçu de l’expérience. Il existe d’ailleurs d’autres offres plus abordables ou pas en direct dans d’autres réseaux de cinéma pour mettre théâtre, opéra à la portée de tous, sans le côté parfois guindé des grandes salles. De mon siège, ça donnait à peu près ça.

Je vous laisse tout de même avec une petite vidéo de présentation de cette version. Il existe aussi de nombreuses captations d’autres versions, dont celle du Mariinsky il y a quelques décénies, à déguster sur très grand écran avec votre Home cinéma à fond. Sinon, cette version est en tournée en France avec des places à partir de 39 euros.

https://www.youtube.com/watch?v=mX9_hH440Kc

2 réflexions au sujet de “Danse : Le Lac des cygnes de Tchaikowski – Paris Bastille 2019”

  1. Une petite coquille dans le texte: « quelques familles avec des enfants asses jeunes ».
    Je suis plus « le vilain petit canard » une adaptation du conte d’Andersen.
    A pluche.

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