BD : Macaroni ! de Campi et Zabus (2016)

Voilà une histoire qui m’a vraiment touchée. Presque biographique, cette BD catégorisée « roman graphique » est une sorte d’hommage à cette génération d’émigrés italiens qui partirent travailler dans les mines du Nord et de Belgique.

Inspirée de faits réels, d’un Ottavio qui a réellement existé, l’ouvrage est aussi préfacé par Salvatore Adamo, qui y a retrouvé de lui-même. L’histoire ?

Le vieux chiant », c’est comme ça que Roméo appelle son grand-père. Alors, quand il apprend qu’il va devoir passer quelques jours avec lui à Charleroi… c’est une certaine idée de l’enfer pour le gamin de 11 ans. Pourtant, cette semaine s’avérera surprenante à bien des égards. Peut-être grâce à Lucie, la petite voisine, qui parlera de son « nono » à elle et qui lui fera découvrir la beauté des terrils, peut-être grâce à son papa qui, pour la première fois, évoquera son enfance, certainement grâce à Ottavio qui derrière ses airs de vieux bougon cache une vie faite de renoncements et de souffrances. Une vie qu’un gamin d’aujourd’hui ne peut imaginer. C’était une simple semaine de vacances, ce sera l’occasion de lever le silence qui pèse sur des hommes de trois générations.

J’aime ce genre d’histoires, de transmission entre génération. Cela me rappelle parfois ma propre enfance, c’est vrai, notamment cette scène où le grand-père se confie à son petit fils. Il y a beaucoup de tendresse dans cet ouvrage malgré la dureté de l’histoire. Le dessin est beau, simple parfois mais met en valeur les personnages, leurs failles, entre l’innocence de l’enfance et les tortures du passés.

Et curieusement, si l’ouvrage m’a emporté, c’est à partir du moment où le petit Roméo parvient à mieux comprendre son grand père. J’ai du mal à en dire quelque chose sans trop en dévoiler car le secret gardé dans le tiroir de la commode n’est évidemment révélé qu’à la fin du récit. Il faut simplement se laisser porter par l’histoire. Curieusement, ça m’a aussi rappelé les ouvrages de Clément Baloup qui est parti sur les traces de ses ancêtres, au Vietnam. Il y a cette même recherche de ses racines, cette même volonté de transmission.

Un bien bel ouvrage qui touchera au delà de toute communauté et de tout passé par son universalité.

2 réflexions au sujet de “BD : Macaroni ! de Campi et Zabus (2016)”

  1. Mince, moi qui croyait trouver une recette italienne c’est une BD, la vie des italiens arrivés dans le pays ce n’était pas toujours la joie dans les familles.
    J’ai une collection de BD que j’ai reçu pour Noël et je n’ai toujours pas attaqué.
    A pluche.

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