BD : Trees, tome 1 de Ellis et Howard (2014)

Réunie dans deux gros tomes, cette série de comics d’Image Comics vaut vraiment le détour. En tout cas, le premier tome. Le sujet : Une invasion bien étrange « d’arbres » gigantesques qu’on imagine venir de l’espace.

Le récit alterne entre différents lieux : Rio de Janeiro, Mogadiscio, New York City, « Shu » en Chine, Cefalù en Sicile et Spitzberg en Norvège. Chaque lieu nous apporte une galerie de personnages et quelques indices sur ce qui se passe dans ces gigantesques monolithes verticaux ressemblant à des troncs d’arbres. Petit à petit, la pression monte, les conflits s’installent, et pourtant chaque lieu paraît avoir sa spécificité. Ainsi en Chine s’est montée une ville de toute pièce, à la fois libre et pourtant dictatoriale. Au Spitzberg, c’est une mission scientifique qui découvre un pavot noir endémique. A Cefalù, c’est un mouvement d’extrême droite qui veut prendre le pouvoir. A Mogadiscio, le nouveau président veut empếcher son pays d’être divisé. Derrière cela, les grandes puissances avancent leurs pions.

Dans les premiers volumes, réunis dans un premier tome, il y a l’installation de l’histoire. Le style graphique est moderne mais parfois trop inégal et inesthétique sur les visages. J’apprécie cette mise en couleur simple et percutante, le trait précis et nerveux mais surtout il y a une découpe très cinématographique. Les personnages sont plus ou moins attachants, mais plutôt charismatiques. Mais ce que j’ai apprécié c’est d’avoir d’autres pistes que l’histoire principale. Les auteurs utilisent un vrai « background » pour le choix de leur lieu. A Cefalù, par exemple, on découvre l’histoire morbide de Aleister Crowley, sorte de gourou astrologue qui créa son « abbaye » et y commit des atrocités. D’autres lieux réservent encore leur mystère, alors que le lecteur s’inquiètera du but de la prolifération de ces pavots bien étranges.

Il y a un peu de la guerre des mondes de Wells, là dedans avec une invasion. Mais comme il n’y a aucune action visible des envahisseurs, c’est encore plus stressant. On se demande si l’humain ne va pas juste s’autodétruire autour de ces troncs, s’il ne sont pas juste là pour faire ressortir notre mauvais côté. La suite le dira forcément et  pour une fois, je n’en parle pas. Je préfère parler d’une promesse, celle d’une histoire bien ficelée, bien montrée. Peut-être serais-je déçu par la conclusion mais au moins, je me dis que j’aurais passé un bon moment avec ce récit.