BD : Naja de Morvan et Bengal (2008)

Mais qui est Naja ? Tueuse ou espionne ? Elle est la numéro 3 d’une mystérieuse organisation et le numéro 1 voudrait l’éliminer ? Pourquoi? Beaucoup de questions au début de cette série de 5 albums et 10 chapitres, réunis aussi en intégrale.

Et ça démarre plutôt sur les chapeaux de roue. Pour une fois que j’aime un dessin à la palette graphique. Celui-ci est moderne, détaillé, avec des nuances, des dégradés. Mais il est surtout très vif, correspondant parfaitement au thème de l’histoire. Car ici, nous avons une BD d’action qui se savoure comme un bon film. On pense évidemment à Nikita car Naja a eu une jeunesse difficile, semble avoir été « reprogrammée » pour être une tueuse mais ne sait pas vraiment d’où elle vient et surtout pourquoi on voudrait l’éliminer. Un homme mystérieux vient la sauver et elle qui ne ressent aucun sentiment ni aucune douleur, se met à tomber amoureuse. A sa manière bien sûr, avec masochisme, mais cela lui est inconnu.

L’autre force de ce récit, c’est l’excellente mise en scène. Elle est visuelle d’abord avec des planches très cinématographiques, des plongées, des contre-plongées, des zooms, des panoramas. Mais il y a un scénario habile qui alterne le présent, le passé. Enfin, il y a un narrateur dont on ne connaît pas l’identité mais qui semble tout connaître de Naja. Jean-David Morvan (Sillage, Nomad, HK, …) maîtrise son sujet et on sent l’admiration pour les comics, les mangas comme Gunnm, … Bengal est aussi admirateur (et créateur) de comics et manga. Au point que je me demande qui de Tetsuya Tsutsui et lui ont été inspirés par l’autre ? On sent que le duo fonctionne bien. Finalement, le seul regret vient de l’épisode final, bâclé pour tenir dans le format et pas du tout cohérent par rapport au reste de l’histoire. Ca ne gâche heureusement pas le plaisir d’avoir lu avant les aventures de la belle Naja.

Une série efficace car pas trop longue (même si un demi volume n’aurait pas été de trop pour parfaire la fin) qui, à défaut de révolutionner le genre, montre le talent de la BD française dans tous les genres.