BD : Weegee, serial photographer de Max de Radiguès et Wauter Mannaert (2016)

J’avais dans l’idée, depuis très longtemps, de faire un article sur Weegee, cet extraordinaire photographe dont l’histoire me fascine. Il faut croire que je ne suis pas le seul, sauf que Max de Radigues a décidé d’en faire une BD. 

Arthur Fellig, dit « Weegee », est un photographe des années 30 à 50 environ et dont la spécialité était le fait divers. Il devient célèbre en fournissant à la presse de l’époque les photos du moindre accident, du moindre meurtre ou de la vie nocturne qu’il peut y avoir dans la Grosse pomme. Il veille la nuit, dans sa voiture ou dans son bar préféré du quartier de Bowery (lower east side), avec une oreille tendue vers la fréquence de la police et une autre vers ses indics. Mais à chasser ainsi le cadavre, ne met-il pas sa propre santé mentale en danger ? Il a juste soif de reconnaissance, lui qui veut être le meilleur photographe de la ville, après avoir commencé très jeune comme apprenti pour échapper à sa famille de juifs immigrés orthodoxes.

L’auteur et le dessinateur se sont inspirés de photos célèbres et de la biographie du bonhomme pour nous plonger dans l’ambiance de l’époque. Nous voilà à côtoyer la police, les prostitués, little Italy, les meurtres de la pègre. Le dessin use de peu de couleur pour donner un aspect de vieille photo ou de vieux film : C’est du noir et blanc de film noir, comme le faucon maltais dont il est fan. Il y a de nombreux clins d’oeil pour cela. Et puis il y a toute la description de ce quartier que j’ai parcouru à pied et qui n’a aujourd’hui plus rien de dangereux, plus rien du bas-fond de la ville.

On entre dans les doutes de l’artiste, dans ce qui le ronge au fond, cette drogue qu’est devenu le fait divers et la photo à sortir. Il essaie de se désintoxiquer, croit aux mirages d’Hollywood mais ce n’est pas lui. Il est New York dans toute sa splendeur. Alors il n’y a pas vraiment d’histoire dans cet ouvrage, sinon celle de cet homme. C’est une biographie, un hommage et d’ailleurs ça se termine par quelques vraies photos restées célèbres. Il m’en manque mais comment tout montrer de la richesse de cette oeuvre qui allait au delà du fait divers sanglant.

A travers Weegee, on voit également le problème de la photo d’actualité, comment la mettre en scène, la rendre vendable. On voit aussi la course à l’audience, le côté Paparazzi et comment savoir où s’arrêter. Weegee avait déjà inventé cela et posé quelques bonnes questions dont il n’aura jamais la réponse. Pour la peine, je vous mets ici quelque chose qui n’est pas dans le livre :

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