Cinéma : Cartouche de Philippe de Broca (1962)

Parmi les classiques incontournables du cinéma, j’intégrerai volontiers ce film d’aventure, à la fois populaire et passionnant, avec tout ce qu’il faut pour émouvoir.

Avec ce film, De Broca entame une longue collaboration avec Jean-Paul Belmondo, plus ( L’homme de Rio, ) ou moins (Les tribulations d’un chinois en Chine) fructueuse. On retrouve aussi Daniel Boulanger au scénario. Mais cette fois il s’attaque au genre, alors très populaire, du film de cape et d’épée. Jean-Paul Belmondo est le héros tout trouvé face aux films de Jean Marais ( Le Bossu et Le Capitan en 1960, Le Capitaine Fracasse et Le Miracle des loups en 1961, Le Masque de fer en 1962… rien que ça). Après un passage par la nouvelle vague, l’acteur est maintenant visible chez Melville, De Sica, Verneuil. De Broca s’est fait connaître avec Jean-Pierre Cassel en tête d’affiche mais n’a pas encore prouvé son savoir faire. L’ancien collaborateur de Chabrol, Truffaut , n’a que 29 ans, le même age que son acteur vedette.

L’histoire choisie est étonnante car elle s’inspire librement de Louis Dominique Cartouche, un personnage tout ce qu’il y a de plus réel. Brigand au grand coeur, fantasque et séducteur, il a tout du héros de cinéma mais il a été éclipsé dans la culture populaire. Nous voilà donc parti au XVIIIème siècle, en France sous la régence de Philippe D’Orléans, une époque trouble et corrompue pour le royaume de France. Une époque de guerre aussi et Cartouche s’y illustre et y recrute les membres de sa future bande. Tout commence ainsi dans le film et on suit les larcins de notre héros, ses comparses La Douceur (Jess Hahn, une gueule habituée aux seconds rôles) et La Taupe (Jean Rochefort, un ami de Belmondo au conservatoire dans son premier grand succès) et la belle Vénus (Claudia Cardinale ). Mais voilà que Cartouche tombe amoureux de la femme du Lieutenant général de Police, …

Le couple maudit ?

Le Cartouche de de Broca est une sorte de Robin des bois du XVIIIème siècle, sans doute bien plus que le vrai. Il détrousse les riches et nourrit les pauvres, en gardant quand même au passage pour lui même. Mais cela aurait pu être un simple film d’action et de cape et d’épée à rajouter aux sorties de l’époque. Toute l’intelligence des scénaristes est d’avoir intégrer ce triangle amoureux entre Cartouche, Venus et Mme De Ferrussac. Venus fait tout pour son héros qui ne s’apperçoit pas de cela, épris qu’il est de la noble et hautaine femme du lieutenant général. Le spectateur se trouve alors dans une curieuse position, entre encouragement au héros pour ses actions et détestation pour cet amour que l’on sait déraisonnable. Cela nous donnera alors l’une des plus belles scènes de tous les temps avec le carosse qui s’enfonce dans l’eau sur la musique de Georges Delerue.

C’est une scène qui me fait couler des larmes à chaque fois et cela donne toute sa profondeur à ce film magnifique. La Bande annonce n’est sans doute pas suffisante pour donner envie de le revoir. Il m’est aussi impossible d’envisager un quelconque remake, comme celui de cette pénible série de 2009….argh. Et puis pour l’histoire, nous sommes dans les prémices de la révolution à venir où l’on sent poindre le mécontentement du tiers-état, face à un état corrompu et inefficace. Bref, de quoi justifier la place du film dans les grands classiques du cinéma mondial. Le film réalisa 3 610 402 entrées en France, ce qui aujourd’hui avec la même population donnerait un peu plus de 5 millions d’entrées.

https://www.youtube.com/watch?v=2tZ2yAdETX8

4 réflexions au sujet de “Cinéma : Cartouche de Philippe de Broca (1962)”

  1. Mais où vas-tu chercher ces vieux films 🙂
    Il y avait quand même quelques bons artistes qui m’ont bien fait rire au siècle dernier. Je vais essayer d’en trouver qui pourraient rivaliser maintenant ….mais je cherche encore.
    A pluche.

  2. Idem à barbasoleil, et puis revoir « La Tulipe noire » son pendant triste.
    Et puis « Le Chevalier de Pardaillan », pour bien rigoler.

    • désolé, barbarasoleil d’avoir écorché votre pseudonyme.
      Sinon, le Bebel que j’adore c’est bien « Les tribulations d’un chinois en Chine », et tous les autres…
      Boum, boum, badaboum !

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