Littérature : L’Attrape-Coeurs de J.D. Salinger (1951)

Classique de la littérature américaine, c’est un bien curieux livre que voilà sur 3 jours de la vie d’un adolescent dans les années 50. 

Holden Caulfield est dans un pensionnat mais en est renvoyé juste avant Noël. Turbulent, associal, il va errer dans New-york avant de retourner chez ses parents. Et c’est lui qui va se raconter à la première personne dans ce singulier roman. C’est à travers la deuxième traduction française que je l’ai découvert et c’est important de le signaler. Car il est très compliqué de trouver les mots équivalents dans un anglais parlé, adolescent, approximatif et bourré de fautes. C’est ce qui déroute le plus au premier abord.

Imaginez que pendant 256 pages, vous écoutez un adolescent parler à la première personne, raconter ses journées, sa vie passée, ses rencontres. Cela pourrait paraître ennuyeux mais d’une manière fascinante, on se prend au jeu. On replonge soi-même dans sa propre enfance, ses souvenirs. Holden est une sorte de figure de l’adolescent rebelle, celui qui ne comprend pas les adultes mais qui ne comprend pas vraiment ses semblables non plus, filles ou garçons. J’avoue avoir du mal avec le choix de traduction du titre, pour ce « Catcher in the rye » qui est une référence à un poème écossais. On pourrait penser à un drame amoureux mais c’est bien plus complet et complexe que cela.

C’est un récit d’une lente dérive, d’une violence sourde. Si le « héros » n’est pas forcément sympathique, il y a quelque chose d’attachant à le voir se confier, à essayer de le comprendre dans ses mots, ses actions. On le sent essayer de s’en sortir par tous les moyens alors qu’il semble déjà une cause perdue, dès le début. Et à la lecture de ce livre, il est aussi difficile de dire qu’on l’a aimé, que de dire l’inverse. C’est proprement déroutant et fascinant de proximité avec nous même et c’est en cela que c’est devenu un classique. Mais reste à trouver le bon moment pour le lire…

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