Cinéma : Le Tombeau des Lucioles d’Isao Takahata (1988)

Avec le décès de son créateur, il y a peu, je trouvais normal de parler de ce film qui est un des plus bouleversants que j’ai vu. Un classique bien au delà de l’animation.

Isao Takahata était le compère de Hayao Miyazaki dans la création de Studio Ghibli. Chacun des deux réalisateur avait sa patte et ils se complétaient parfaitement. Ils ont collaboré sur « Horus, prince du soleil » et Lupin III à la Toei, avant de prendre leur indépendance. Mais venons en à son chef d’oeuvre.

Le Tombeau des lucioles, c’est l’histoire de deux enfants pendant la seconde guerre mondiale au Japon, un frère et sa petite soeur de 4 ans. Ils fuient le bombardement de Kobe et essaient de trouver refuge chez une tante. Elle finit par les rejeter et le grand frère tente tout ce qu’il peut pour sauver sa soeur. Ils trouvent refuge dans un abri illuminé par des lucioles, la nuit.

Ce film est un drame, très loin de ce qu’on s’imaginait alors de la part des films d’animation, surtout japonais. Il n’y a pas de happy-end ou de bons sentiments à la Disney. C’est une histoire tragique, réaliste, mais en même temps avec une poésie typique des productions Ghibli. On retrouvera aussi ce style dans sa dernière production avec le studio, Le Conte de la princesse Kaguya, bien qu’il n’y ait aucun autre rapport. Si Takahata est scénariste, il n’est pas le créateur de cette histoire, une nouvelle de Akiyuki Nosaka.

Ce film est plastiquement magnifique avec un traitement des lumières et des décors très soigné. Les personnages sont évidemment attachants mais la mise en scène permet au spectateur de vraiment vivre ce drame. On pleure, on rit, on s’attendrit, on s’amuse, on s’extasie. La musique de Michio Mamiya est presqu’oubliée dans ce film alors qu’elle y a un grand rôle. D’ailleurs le compositeur n’a collaboré au cinéma qu’avec Takahata. C’est dire le lien que pouvaient entretenir les deux hommes pour aboutir à cette osmose entre son et image.

Si en 1988 il était encore besoin de prouver la qualité de l’animation japonaise, ce film a installé définitivement le Studio Ghibli au panthéon du cinéma. Et si Takahata a été finalement assez rare à la réalisation, son influence est considérable auprès de ses « élèves » avec son ami Miyazaki. Il était éclectique, privilégiant souvent une simplicité du trait, ce qui n’était pas toujours bien vu par ses contemporains. Chacun de ses films a un intérêt bien différent et c’est ce qui le rend unique.

Je me souviens encore aujourd’hui du premier visionnage de ce film… un film qui marque à vie.

https://www.youtube.com/watch?v=uLJo785YJsM

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