Musique : Vittorio Grigolo – The Romantic Hero (2011) 

J’ai découvert ce chanteur d’Opéra lors d’une soirée hommage au grand Lucciano Pavarotti. J’ai immédiatement pensé au maître en entendant cette voix et j’ai découvert ensuite qu’il était surnommé  Il Pavarottino (Le Petit Pavarotti). Restait alors à trouver un album pour découvrir ce qu’il fait.

Mon choix s’est porté sur cet album de reprise de classiques. Il a évidemment fait des albums sur du Verdi ou du Puccini mais celui-ci m’a paru plus accessible pour quelqu’un qui n’est pas familier des ténors, même s’il s’agit de grandes oeuvres. Je dois avouer que pour certains de ces morceaux, je manquais de repères par rapport à d’autres versions mais ce n’est pas plus mal. Vittorio Grigolo a vraiment tout du héros romantique et en plus, il va nous séduire en français sur ces titres.

Il incarne tout d’abord Werther sur la partition de Jules Massenet. On est tout de suite dans le grandiose et l’âge de notre ténor convient mieux que d’autres interprètes du rôle. On est dans la lecture du poême d’Ossian que fait Werther à l’héroïne, dans un souvenir magnifié. Grigolo y met suffisamment d’intensité pour que le coeur de la belle soit emporté dans cet adaptation des Souffrances du jeune Werther de Goethe. Vittorio est évidemment un parfait Roméo pensant à sa Juliette sur la partition de Gounod. C’est une des scènes les plus fortes de l’acte deux de l’opéra que ce « Ah lève toi soleil ». Grigolo est si parfait qu’aucune Juliette ne pourrait résister à ça… Ni même le soleil. Et que dire de cette scène de Carmen de Bizet. Il est le Don José qui revient de prison et retrouve Carmen. Il raconte la souffrance de cet éloignement, son désir et c’est déchirant.

Il est un parfait Faust qui découvre l’amour pour Marguerite. On le sent à la fois sombre et protecteur, amoureux et exalté surtout. Et on reste dans l’opéra comique français du 19ème siècle avec deux scènes du Manon de Massenet. Il s’agit cette fois d’une adaptation de Manon Lescaut. « En fermant les yeux…. » est plus léger avec une ode à l’avenir de ce couple. Grigolo est beaucoup plus dans les aigus, d’ailleurs, et c’est d’ailleurs un duo, même si les phrases de Manon son brèves. On revient dans un scène plus intense avec la scène de l’acte III, « Je suis seul…. » où le héros reste seul dans son désespoir. Là encore l’interprétation est parfaite et intense et les sanglots accompagnent vite l’écoute de ce moment de grâce.

On connait un peu moins L’Africaine de Giacomo Meyerbeer,et « Pays merveilleux…. » en est l’air le plus célèbre. C’est encore un moment où le héros approche de la mort et s’extasie pourtant, avant qu’il ne soit sauvé par la véritable héroïne de l’oeuvre. Encore une histoire d’amour impossible inspirée par la vie du navigateur Vasco de Gama. Et puisque l’on est dans le registre de l’opéra comique du 19ème siècle, il fallait forcément du Offenbach. C’est la scène 2 de l’épilogue des Contes d’Hoffman qui a cet honneur. On peut dire que c’est après la révélation de sa muse que le héros déclame cet air. Je reste moins fan de ce registre pour notre ténor, surtout que c’est un peu court pour plonger dans une oeuvre.

Je terminerai cette présentation par La Juive de Fromental Halévy, une oeuvre de la même époque.  On a droit évidemment à son air le plus connu. L’auteur est aussi le maître de Bizet et Gounod, ce qui explique sa place dans ce panorama de l’Opéra français du 19ème siècle. Il aurait été dommage de se passer de cet air symbolique du style de cette époque. C’est passionné, c’est grandiloquent et cela convient parfaitement à la tessiture de Vittorio Grigolo. Rachel ne pourra que revenir à l’appel de son amoureux.

Ce disque a donc deux usages ici : Faire découvrir un interprète parmi les plus doués de sa génération. En tout cas, pour moi, le meilleur ténor actuel. Mais c’est aussi l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’opéra comique français dans sa grande époque. On reste évidemment avec cette envie irrésistible de mettre les œuvres complètes sur sa platine, ou d’aller voir cela dans un Opéra…. ou bien encore un cinéma puisqu’aujourd’hui on peut assister à ces spectacles bouleversants dans de bonnes conditions.

  • 1. Werther, Act III: Pourquoi me réveiller
  • 2. Romeo et Juliette, Act II: L’amour, l’amour…Ah, lève-toi soleil
  • 3. Carmen, Act II: La fleur que tu m’avais jetée
  • 4. Faust, Acte III, scène 4: « Quel trouble inconnu… Salut, demeure chaste et pure »
  • 5. Manon, Acte II: « En fermant les yeux… C’est un rêve »
  • 6. Manon, Acte III, scène 2: « Je suis seul… ah fuyez, douce image »
  • 7. L’Africaine, Acte IV: « Pays merveilleux… O Paradis »
  • 8. La Juive, Act IV: Rachel, quand du seigneur
  • 9. Les Contes d’Hoffmann, Epilogue, scène 2: « O Dieu de quelle ivresse »
  • 10. Romeo et Juliette, Acte IV: « Va! Je t’ai pardonné… Nuit d’Hyménée »
  • 11. Le Cid, Acte II, scène 3: « Ah! Tout est bien fini… Oh Souverain, o Juge, o Père »
  • 12. Romeo et Juliette, Acte V: « C’est là! Salut! Tombeau! Sombre et silencieux »

https://www.youtube.com/watch?v=7eeOlqr8sA0

3 réflexions au sujet de “Musique : Vittorio Grigolo – The Romantic Hero (2011) 

  1. « Pourquoi, me réveiller », on est bien loin de Trust, Madness ou China Moses, si il y a un endroit où je ne suis jamais allé c’est bien à l’Opéra, cela ne m’empêche pas de regarder chaque année celui de Vienne à la Téloche 😉
    A pluche

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