Bd : Mourir au paradis de Christin et Mounier (2005)

Il y a des couvertures qui intriguent parfois. Ce fut le cas pour celle là avec le nom de Pierre Christin en plus. Oui, le Pierre Christin de Valérian, entre autres…

Mais dans ce récit, nous sommes loin de l’espace. Nous voilà aux Etats-unis dans les années 2000 dans un de ces nombreux complexes sécurisés où se réfugient les riches. Nous y suivons d’abord un livreur latino dont le vigile se fiche bien du nom. Pour lui, tous les latinos s’appellent Pancho, et on n’ose pas imaginer comment les riches appellent leurs vigiles noirs. Et ce « pancho » nous guide dans ce dédale de rues privées et de grandes propriétés à la découverte des protagonistes de cette histoire : Des gosses de riches.

Le complexe s’appelle « Heaven’s estate » et c’est tout le paradoxe. Ce petit paradis de riche va tourner au cauchemar dans un thriller parfaitement amené. Bien sûr, on se doute très rapidement que quelque chose cloche quand on voit un des gamins se travestir en soldat nazi et jouer avec les armes qu’il commande sur Internet. Mais on se dit que c’est bien autre chose qu’il va se passer…On fait connaissance de ces jeunes, dont les destins se croisent, on les trouve  sympathiques, pour certains qui ne restent pas enfermés dans leur monde. Et pourtant, ils basculent aussi…

Le twist final est plus qu’intéressant. Et depuis la sortie de cet album, on voit se développer ce genre de concepts, même à une échelle plus bourgeoise avec des lotissements sécurisés qui sont fermés la nuit. Des pays comme le Brésil ou l’Afrique du sud se voient ghettoïsés de différentes manières avec des riches qui s’enferment et des pauvres qu’on rejette. La France suit aussi ce chemin évidemment mais les castes n’ont pas besoin de cela pour déjà exister. A l’heure où l’on voit des idées d’extrême-droite s’afficher plus ouvertement, surtout chez les plus jeunes et vis à vis de « migrants » (réfugiés …), c’est particulièrement d’actualité.

Un album qui m’a bien surpris avec un dessin agréable et classique d’Alain Mounier pour bien servir le scénario.

3 réflexions au sujet de “Bd : Mourir au paradis de Christin et Mounier (2005)

  1. On voudrait bien oublier cette période qui a secoué le monde et il y a toujours quelqu’un pour la remettre à la surface. Pour ma part, mourir en bonne santé me contenterait 😀
    A pluche.

    • Oublier…est-ce le mieux à faire, finalement ? Je préfère me souvenir des errements de l’humain pour m’en prémunir. Et pour la mort en bonne santé, puisse-t-elle venir sans faire souffrir autrui

      • Oublier, je ne pense pas et de toute façon l’humain saura toujours là pour nous rappeler qu’il peut être cruel et manipulateur.
        Mourir sans faire souffrir autrui me semble possible, si tu n’as ni femme, ni enfant, ni membre de la famille et que tu vis en ermite au fin fond d’une grotte.
        A pluche.

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