Musique : China Moses – Nightintales (2017)

Il y en a qui ont de la chance… China Moses est tombée dans la marmite du Jazz toute petite avec une maman qui s’appelle Dee Dee Bridgewater. Mais en plus, elle est douée et fait les bonnes rencontres. Et pour couronner le tout, là voilà qui compose ses titres.

Dès les premières secondes de cet album de Jazz plutôt moderne, on se dit : Quelle voix! Quel groove ! Ce « Running » est une une tuerie. Il y a vraiment du velour, du feeling sur « Put it on the line », titre plus classique. On a l’impression d’être assis à la table d’un club et on savoure ce moment. Celle qui commença sa carrière à 16 ans, sait vraiment ce qu’est le Jazz. Là, elle est accompagnée de Luigi Grasso au saxophone alto et baryton, Joe Armon Jones et Mike Gorman au piano, Luke Wynter et Neil Charles à la basse et Marijus Aleksa à la batterie. Et on peut dire que ce combo prend aux tripes. Il suffit d’écouter le placement de voix sur « Disconnected ». C’est à la milliseconde, c’est impressionnant !

Mais même sans cette notion du rythme bluffante, il y a vraiment un feeling, un sens du placement vocal qui laisse songeur. Ce n’est aucunement froid. Il y a de l’âme, comme dans « Ticking Boxes » et ça la met d’emblée parmi les grandes du jazz contemporain. J’avoue me laisser aller dans cette douceur, ce « cool » qu’est « Whatever ». Mon amour du swing me fait aussi craquer devant « Watch out » où elle renouvelle le genre avec modernité. 2 minutes 38, c’est vraiment trop court. L’alternance prime dans cet album où on a un déploiement de toutes les palettes du jazz sans tomber dans un truc démo. Le duo à la trompette sur « Lobby Call » est une véritable ode à la nuit et qu’il est doux de se laisser embarquer dans une danse suave. Tout au long de cet album, je me demandais comment le terminer au mieux. Certainement pas avec un « Hungover » où la rythmique montre son importance et donc sa précision. Pourtant on clape, on tape et ça aurait pu le faire…. »Blame Jerry » est trop rétro pour un départ avec les choeurs masculins qui lui répondent. Le petit jeu de mot de « Breaking Point » est bien trouvé. Il faut une rupture dans l’album aussi. La modernité qui explose de ce morceau sonne bien pour un final.

Pour les amateurs de grandes voix, de jazz, c’est un incontournable. Et ma versatilité me fait dire que j’aimerai l’entendre dans d’autres choses, puisqu’elle a déjà fait plus pop. A suivre… attentivement.

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=kzV7iWCJpA8]