Cinéma : La Passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (2017)

Enfin ! Enfin un film qui m’interpèle, me surprend…Et en plus sur un sujet qui m’a toujours passionné : La Peinture. Commencé comme un projet de court métrage d’animation utilisant la peinture de Van Gogh, la réalisatrice polonaise Dorota Kobiela a réussi à mener ce gigantesque projet à bien pour aboutir à un film d’1h35.

Quand j’avais eu vent de ce projet, je m’étais dit qu’il faudrait que je vois ce film. Et ça n’a pas été facile, car comme toujours en banlieue, ça ne passe pas dans les multiplexes ou les circuits municipaux. Il faut trouver la bonne salle d’art et d’essai un peu plus loin que d’habitude. Me voilà donc entouré des retraités du coin : Apparemment Vincent Van Gogh, même pas loin d’Auvers sur oise, ça ne passionne pas grand monde. Et après les très nombreux logos des producteurs, nous voilà plongé directement dans la peinture du génie hollandais.

Joseph Roulin, le vrai par Van Gogh

Ce n’est pas un biopic d’animation reprenant le style graphique de Van Gogh mais une enquête sur la mort du peintre, qui comporte ses zones de mystères. Nous suivons un certain Joseph Roulin, le fils d’Armand,  postier d’Arles, par ailleurs modèle dans plusieurs toiles du maître. Il doit porter une lettre retrouvée par son père, écrite par Vincent à son frère Théo. Vincent est mort depuis deux ans mais Joseph ne sait pas encore que Théo l’a suivi 6 mois plus tard. Vincent Van Gogh se serait suicidé mais bien vite, Joseph découvre qu’il y a beaucoup de doutes dans les circonstances de sa mort.

Et voilà le spectateur embarqué dans cette enquête tout en étant extasié par la beauté des images. Il a fallu 90 peintres pour faire de l’image par image à la manière de Van Gogh, en partant de ses toiles qui s’animent devant nos yeux émerveillés. Les phases de flash back sont en noir et blanc et filmées à partir de motion capture et de retraitement numérique. On reconnaît bien le trait des acteurs mais ils ont l’air d’être peints eux aussi. Ces séquences sont plus ou moins réussies et l’un des points critiques est justement dans le manque d’homogénéité.

Pourtant, j’ai été emporté dans ce tourbillon de couleurs, ce tour de force technique où justement la technique se fait oublier pour laisser place à la beauté et la poésie. Pour que ça soit regardable plus que 5 minutes, il fallait quand même un scénario qui tienne la route. Le spectateur doute, croit à un coupable comme dans tout bon thriller mais en plus il rêve! Et en même temps, on rappelle l’oeuvre prodigieuse du peintre (800 oeuvres en seulement 8 ans de carrière). La conclusion est d’ailleurs plus documentaire pour situer les protagonistes…Et rappeler que pour beaucoup Van Gogh est le père de l’art moderne pour aller au delà de la simple représentation du réel. Pas mal pour un type qui n’a vendu qu’une toile de son vivant!

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Un moment de cinéma d’animation assez époustouflant qui aura sans doute des suites, quand l’IA saura peindre à la manière de.