BD : Dharma Punks d’Ant Sang (2014)

Voilà une série d’albums dans laquelle j’ai eu du mal à rentrer, mais la récompense est là : Une histoire forte, nostalgique, avec une part d’autobiographie qui nous transporte dans les années 90.

Notre héros, Baguette, est un jeune punk d’origine asiatique, fan de Kurt Cobain et un peu paumé. Il reste nostalgique d’une fille qu’il a « perdu » et verse dans le bouddhisme. Embarqué dans un groupe punk anarchiste, il doit poser une bombe dans un nouveau fast food…. Mais tout bascule.

L’origine de ce comics neozélandais remonte à la parution de premières planche d’une BD baptisée Filth ( comme Cradle of Filth?). On plonge dans les années 80-90, les années du grunge qui voit la résurgence du punk aussi. On plonge aussi dans ces rivalités mortelles entre les skin heads et les punks. On est embarqué dans les bas-fonds d’Aukland, dans ce groupe de zonards, Baguette vivant dans un entrepôt, dans une chambre dépouillée avec pour seule décoration une lettre. Pour ceux qui ont vécu les années 80 et 90, notamment vers Paris, on retrouve des traits communs dans ces rixes, bastons et squats.

Si Ant Sang est un illustrateur réputé aujourd’hui, on peut voir dans cet album sa progression puisque les planches ont été compilées au fur et à mesure. Cela se traduit par un manque d’homogénéité. Il y a parfois des trous dans le récit, des sauts temporels déroutants où le Baguette d’aujourd’hui nous parle puis revient au passé. C’est parfois plus proche de la BD indépendante US, d’autre fois plus fouillé et moderne. Mais peu à peu, on appréhende ce qui ronge Baguette. Ce terrible secret, il l’extériorise à travers sa croyance dans le bouddhisme, sa recherche d’un idéal qu’il ne trouvera jamais.

Regroupé en 2 tomes, cet album m’a touché parce que j’ai croisé ou lu sur des personnages qu’on rencontre dans cette histoire. Il n’y a pas l’exotisme que l’on pourrait attendre d’une oeuvre venant de l’autre coté de la terre. C’est très urbain, actuel malgré l’ancrage dans la musique de l’époque. C’est cru, violent et on comprend que ça ait touché une génération de lecteur. Au point que je me demande si ça ne reste pas trop générationnel… A vous de juger.