Informatique, des années 80 à nos jours : 2000 – 2002

Dans le dernier article, nous en étions resté à l’arrivée du Pentium III, de l’ADSL, la généralisation de l’USB et de ….windows 2000.

Mais revenons un peu en arrière sur un épisode « libre ». En 1998, après quelques essais sur la Slackware, je décide d’installer vraiment GNU/Linux avec l’une des distributions les plus abouties du moment : La Red Hat Linux 5. A cette époque, pas d’ADSL donc, achat du CD car ça aurait fait saigner la facture de téléphone de télécharger l’ISO. Et me voilà donc avec un multiboot Windows 98/Red Hat , géré par Lilo. A l’époque, l’ami du Linuxien était partition magic, qui permettait de préparer ses partitions, les redimensionner à la volée sans perte de données. Je vais l’utiliser près d’un an mais à l’époque, les pilotes n’étaient pas non plus au rendez-vous….et par exemple pour mon premier scanner, un Mustek sur port parallèle. Bilan, je devais passer moins de 20% sous RHL. Forcément, le jeu vidéo et la gestion d’une carte All in wonder étaient impossibles. Ce n’est qu’en 2000 ensuite que j’ai replongé un peu avec une Mandrake mais elle n’a pas fait long feu sur ma machine, qui changeait trop souvent de hardware. Je resterai globalement sous windows dans cette période et après un petit essai de Windows NT4 pour quitter l’instabilité de Windows 98SE, je serai heureux d’accueillir Windows 2000, certainement le meilleur des « Windows avec millésime », parce qu’orienté pro, mais avec l’ouverture multimédia qui faisait défaut à ses prédécesseurs. Il me faudra juste adapter quelques pilotes et logiciels.

Mes années 2000 apporteront donc plus de stabilité avec donc mon brave petit Pentium III 450MHz. L’ADSL va ouvrir la possibilité à énormément de choses, avec en premier lieu, le téléchargement de tout ce que l’on voulait : Musique d’abord, puis logiciels, et bientôt les films avec l’arrivée du DIVx. A l’époque, c’est la version 3.11 qu’il fallait intégrer dans son windows et ensuite, Jérome Rotta voudra vivre de son invention, ce qui donnera des dérivés, comme le XVID. Pour lire un film, il fallait à la fois un grand écran mais aussi de bonnes enceintes. Dans un premier temps, pour le premier, je vais récupérer des anciens écrans de stations SUN, des 19 ou 20″ Trinitron qui pesaient une tonne et prenaient une place monstrueuse. Pour les faire fonctionner sur un PC, il n’y avait qu’une solution : Une carte graphique spéciale, vendue aux USA. Autant dire que pour un GNU/Linux, c’était mort. Et c’était du S3 dedans, donc pour le jeu et la 3D, c’était pas terrible, avec des pilotes pas très stables. Bref, ça ne va durer qu’un an et je finirai avec un IIyama 17″ cathodique. Pour le son, par contre, il n’y avait vraiment qu’une marque : Creative avec la Sound Blaster. Ils venaient de faire leur marché dans le monde de l’audio avec Cambridge Soundworks et EMU. Cela donnera un kit fabuleux pour la nouvelle carte son Sound Blaster Live, avec de minuscules petits cubes façon Bose, un caisson de basse et un son à vous remuer les tripes. Accessoirement, on avait un processeur « temps réel », une latence diminuée pour les musiciens, une compatibilité Cubase VST théorique.

Et puis, pour sauvegarder tout ça, il fallait enfin que je passe au graveur de CD. Pourquoi si tard? C’est vrai que mon pote avec son amiga en avait eu un….et il fallait être patient. Justement, j’estimais qu’au delà de 20 minutes, ce n’était pas intéressant, car il faut se souvenir que le buffer de protection n’existait pas au début. Il fallait vraiment un système stable pour éviter des erreurs. Et en plus, les médias ont baissé de prix avec la généralisation de ce périphérique. Il y avait des logos « garantie 4X », « 8X », etc….Je me dirigerai vers un graveur Yamaha CRW 8424E, accompagné de sa version de Nero « bridée ». J’irai en expédition avec un collègue pour en ramener deux de Montgallet. Et petit à petit, je vais acheter les CD par paquets de …50.

Bon, j’avais parlé du bug de l’an 2000, vaste farce qui boosta les ventes de PC et quelques sociétés de service. Evidemment, je regarderai ça de loin. Cela aura juste permis un renouvellement de mon PC de boulot, totalement inutilisable sur un windows 98 blindé de surcouches de ma boite. Mais évidemment, mon pc personnel allait très bien, parfaitement stable et suffisamment performant avec un disque dur que je changerai encore pour un modèle de ….30Go ! Mais qu’est-ce que j’allais faire de toute cette place, me disais-je alors? C’est qu’il en fallait des CD pour sauvegarder tout ça. Mais bientôt, avec l’ADSL mais aussi les échanges entre passionnés, les données vont grossir. J’aurais donc deux disques durs : Un avec le système et l’autre avec du stockage, un banal 5400 tours/minutes placé dans un rack, strictement identique à celui de tous mes amis. Et on ramenaient du GigaOctets de données chaque week end. Bizarrement, il n’y avait pas trop de problèmes de virus à l’époque. Déjà parce que chacun avait la dernière version de l’antivirus le plus performant de l’époque…. cracké. Mais aussi parce que c’étaient surtout des films, quand même très longs à récupérer en téléchargement, en encore plus long à « ripper » soi même, si d’aventure on savait faire. Si le DVD est sorti en 1997, c’est plutôt vers 2001- 2002 que l’on a commencé à voir des films en français et en bonne qualité. A l’époque, il fallait avoir donc d’un coté le graveur CD et de l’autre le lecteur DVD. Et entre les deux, on rippait et on compressait en DIVx pendant des heures et des heures. D’un média de 4Go, on passait à 1 ou 2 CD de 700Mo. Et grace à l’ADSL, on le repartageait aussi sec sur le net.

Coté partage sur internet, j’ai parlé déjà de Napster et de l’explosion de l’échange en MP3. Cette fois, avec le DIVx, on passait à l’étape supérieure. Le PC tournait en permanence avec sa connexion, et le partage se fit pendant un temps sur DirectConnect, ce qui obligeait à beaucoup partager mais peut-être un ou deux films rares que j’ai codé, circulent encore sur la toile. Il y aura aussi GNUTella avec ses différents clients, comme Shareaza. Et puis un jour, j’ai vu un âne arriver : EDonkey2000. Quand on voit que ce n’est qu’en 2007 que des serveurs ont été fermés en France, je vous laisse imaginer l’age d’or de ce que l’on appellera le Peer to Peer. Il fallait trouver les bonnes listes de serveurs, mais après, c’était lent mais efficace.  On a beaucoup diaboliser cela mais pour moi, cela a été l’occasion d’un fort enrichissement culturel, notamment musical. J’étais dépendant, jusque là, de mes finances et des choix du responsable de ma médiathèque. Là, on pouvait enfin tout essayer, découvrir, supprimer, …. Combien de sombres groupes des années 70 et 80 ont soudainement repris vie grace à des passionnés qui rippaient et partageaient leurs CD, voir leurs vinyls ? Je peux vous dire qu’à l’époque, je n’ai pas beaucoup téléchargé de nouveautés, donc ça n’a pas pesé tant que ça sur les ventes….quoique pendant ce temps là, je n’achetais pas. Mais ça viendra justement après, à la fois pour valoriser les artistes que j’aimais mais aussi pour dénicher quelques perles rares, une fois ma culture acquise. Et donc les périphériques de l’époque sont intimement liés à cela. Mon premier graveur ne tardera pas à fumer et ne durera que moins de 3 ans. Les vendeurs de Montgallet recevaient des tonnes de « tours CD » de marques étranges mais aussi de spécialistes qui auront vite ma faveur, comme Verbatim, par exemple. On trouvait même des circuits parallèles via le Luxembourg pour avoir les meilleurs prix.

Et l’autre domaine qui explosa alors, c’est le Jeu en Réseau. Pas encore de Steam bien sûr mais avec la connexion en continue, un ping assez bas, on pouvait héberger des parties avec quelques amis. L’arrivée de jeux comme Countre Strike ou Unreal Tournament va faire exploser ce domaine et je m’adonnerai aussi aux FPS dans des salles lorsque Battlefield 1942 va sortir en 2002. Là, les éditeurs mettaient des serveurs en place alors qu’avant, on avait le messenger de son choix ouvert (d’abord Aol Instant Messenger puis MSN Messenger) pour filer l’adresse IP (qui variait) de sa partie à tous ses copains. Et c’était parti pour du FPS, du Dogfight avec Crimson Skies, … Evidemment, on arrivait vite à saturation avec certains jeux avec un ADSL 512 de l’époque qui dans l’autre sens envoyait péniblement 128kbps . Et vues les tours de l’époque, il fallait vraiment oublier le transport de son matériel chez les potes….Ce qui donnera la mode des minipc, un peu plus tard.

En 2002, je vais investir dans le nouveau processeur AMD avec une carte à base de Via KT3….. Catastrophe puisque rien ne fonctionnera correctement. Même avec un échange standard, ma carte graphique et/ou ma carte son avaient l’air de ne pas vouloir se marier avec. Je la refilerai à un ami qui après quelques essais, parviendra quand même à en tirer quelque chose après une mise à jour de bios. Avec le recul d’aujourd’hui, on sait que ce Via KT3 première génération était buggé au possible donc je ne regrette rien. Mais j’aurais ma vengeance, bientôt..

Toujours à l’affut de performance et d’originalité, je serai ravi de la sortie d’un nouveau système d’exploitation qui ne réussissait pas à percer sur son propre hardware : BeOS. Cantoné jusque là à des ordinateurs BeBox qui reproduisaient l’erreur de Steve Jobs avec NeXT, Be Inc lança l’opération dernière chance avec sa version 5. Cette fois, ça marchait sur un PC et on vit apparaître la version SE dans la presse informatique. J’irai jusqu’à acheter la version complète en boite pour soutenir le projet. J’ai fait mes premiers articles pour les sites consacrés à ce système à l’époque. Mais c’était hélas sans avenir, malgré les qualités incroyables de ce système. Aucun éditeur de renom ne portera la moindre produit, malgré des promesses. En musique ou en vidéo, ça aurait pu largement concurrencer des Mac de l’époque, surtout que Gassée venait d’Apple. C’est peut-être là le problème car Apple était à peine en train de remonter la pente, quand Gassée avait contribuer lui aussi à couler la marque. Le hardware réagissait au quart de tour mais il manquait du support pour les périphériques… un peu comme GNU/Linux d’ailleurs mais en pire. Ah si les forces avaient pu s’unir…. Mais avec des Si, j’utiliserai Haiku aujourd’hui.

Je vais donc rentrer dans le rang, et faire un peu comme tout le monde, à savoir prendre une machine toujours plus performante et plus lente à démarrer….Mais ça, c’est pour la suite.