Cinéma : Your Name de Makoto Shinkai (2016)

Film d’animation ayant battu tous les records au Japon en 2016, Your Name est un film que je voulais voir. Pourtant son sujet n’avait rien de spécial puisque cela se présente comme une romance. Oui mais…

« Mitsuha, dix-sept ans, est lycéenne dans le petit village lacustre d’Itomori. Orpheline de mère, elle vit avec sa petite sœur, Yotsuha, et sa grand-mère, Hitoha, son père ayant quitté le foyer pour se lancer dans la politique et devenir maire. Partageant son temps entre les études, ses amis, et son rôle de miko, dont le savoir lui est transmis par sa grand-mère, elle étouffe, et rêve d’une autre vie en tant que beau jeune homme à Tokyo.

Taki, de son côté, est un lycéen tokyoïte timide et doué en dessin. Lorsqu’il ne traîne pas avec ses amis au lycée ou au café, il travaille dans un restaurant italien comme serveur, où il est amoureux d’une collègue plus âgée, Miki, sans avoir jamais osé se déclarer. »

Sans révéler trop du film, ces deux personnages vont se croiser d’une manière inattendue. C’est cela qui a touché d’abord le public japonais mais aussi une bonne partie des spectateurs qui ont eu la chance de le voir, malgré une diffusion indigne! En trame de fond, il y a une catastrophe naturelle et ça, ça parle forcément à des japonais abonnés aux séismes et au Tsunami. Mais ça ne suffit pas à faire de ce film un petit chef d’oeuvre de tendresse. Une simple histoire d’amour entre adolescents non plus.

Il faut faire appel à ce petit supplément d’âme que les Studio Ghibli ont souvent eu. Ici, le réalisateur Makoto Shinkai n’est qu’un fan du maître Miyazaki. Il a écrit son film, réalisé, comme 3 autres longs métrages auparavant. Mais il y a quelque chose de terriblement actuel dans le film. Dans une société japonaise qui veut qu’on se fonde dans la masse, on trouve deux individualités fortes qui vont trouver à communiquer à travers des outils bien actuels (les smartphones). Il y a la notion de lien, de prédestinée ce qui relie aussi au mythe du prince charmant, au coup de foudre.Il y a même une pointe de critique sociale avec les magouilles électorales du maire, les entretiens d’embauche du héros, … Tous ces petits éléments mis bout à bout font de ce film autre chose qu’une romance de plus dans l’univers de la Japanimation.

Techniquement, les décors sont magnifiques, très proches des meilleurs productions de Ghibli (ici c’est Comix Wave). La musique n’est pas en reste avec une belle partition de Radwimps, groupe rock, qui va aussi dans des pistes très épurées au piano. Dommage que les chansons ne soient pas sous-titrées dans les intermèdes chantés. Mais tout pousse à s’embarquer dans cette histoire qui a sa part d’onirisme, de recours à la religion shinto. Le thème est sans doute plus adulte que d’autres films, par contre et nous touchera pas de la même manière un public très jeune.

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A l’exception de la France, ce film a battu tous les records mondiaux dans la catégorie japanimation. Pas étonnant au vu de ses qualités, pour qui saura y voir plus qu’une simple histoire d’amour.