Cinéma : Valérian et la cité des mille planètes de Luc Besson (2017)

Avec Luc Besson, je m’attends au meilleur (Nikita, Le Cinquième élément) comme au pire (Lucy…). Alors quand il annonce l’adaptation de Valerian, je suis sceptique…. Il faut dire que je ne suis pas trop fan de cette BD des années 70. 

Je n’ai entrepris de relire quelques tomes que récemment, histoire de voir un peu pourquoi je n’avais pas accroché. Déjà, cela s’appelle Valérian et Laureline, et comme chez Besson, les héroïnes sont toujours mises en avant, j’ai du mal à comprendre pourquoi il n’a pas osé changer son titre en Valérian et Laureline…. Et pour mieux nous perdre, le titre du film n’a que peu de rapport avec le deuxième album, l’empire des 1000 planètes. Voilà pour le contexte, mais le film commence par parler de l’histoire d’une base Alpha, construite après la réunion de la station spatiale chinoise avec la station spatiale internationale. Car le film est aussi hautement financé par la Chine, au point que le logo passe avant celui d’Europa Corp. Vient ensuite la destruction de la planète Myul, planète où les habitants vivent en harmonie avec la nature, paisiblement, jusqu’au jour où… un énorme vaisseau vient s’écraser et détruire tout. Avant de mourir, la princesse envoie une sorte de message mental qui parvient jusqu’au…. Major Valérian, qui dormait sur une plage virtuelle en dragouillant sa coéquipière Laureline.

Nous voilà donc embarqué dans un space opéra à la française qui rappelle évidemment des grandes figures du genre, comme Star Wars, mais aussi le Cinquième élément, ainsi qu’Avatar (apparemment, Besson a réécrit son scénario après avoir vu le film) pour ce peuple mystérieux et un peu bleuté, mais aussi la maîtrise de la 3D, pas loin d’égaler le maître du genre, une technique en quasi abandon aujourd’hui. Techniquement, Besson a toujours assuré et avec Arbogast comme directeur photo, on n’en attendait pas moins. C’est beau, bluffant, avec des scènes montrant la virtuosité du duo dans le visuel. Ajoutons aussi un compositeur de grand talent, Alexandre Desplat, pour montrer qu’en France aussi, on sait faire du grand spectacle. Il y a bien quelques moments qui font penser à du John Williams mais il y a par ailleurs suffisamment d’originalité pour oublier tout cela. Pour le reste, c’est évidemment bien calibré pour une exploitation mondiale, avec ce qu’il faut de célébrités (l’ex mannequin Cara Delevigne en Laureline et Rihanna en …. Bubbles, par exemple).

L’histoire puise donc un peu dans plusieurs albums, apparemment, mais surtout un « L’ambassadeur des ombres ». Comme il paraît que Valérian a inspiré Star wars, c’est une sorte de retour des choses. On a donc de l’aventure épique, des extra-terrestres, des méchants manipulateurs, des secrets, des monstres énormes, des phases de poursuite, des sauts dans l’infini et au delà et un duo façon buddy movie, mais où le héros n’est pas forcément celui que l’on croit. Bref, c’est efficace dans le sens où l’on ne s’ennuie pas pendant ces 2h18. Ca n’atteint pas forcément le rang de mythe mais ça peut permettre d’installer une licence, ce qui est le but de Besson, au fond. Si on regarde d’un peu plus près, certains noms ont changé (Point central au lieu de Base Alpha) mais on a conservé de l’humour… bien français pour le coup. L’acteur jouant Valerian fait très jeune, trop à mon goût, mais il ne démérite pas forcément. Le duo fonctionne plutôt à l’image des albums, dans le sens où ils se taquinent et se lancent des piques. Voilà de quoi les rendre sympathique, si ce n’était une conclusion discutable (vous verrez, hé hé ). Mais comme toujours, Besson a l’air de plus s’intéresser à l’héroïne, ne serait-ce que les cadrages sur le décolleté, hum!

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Le petit coté chauvin me fera dire que c’est vraiment au niveau des productions Disney, par exemple. Il n’y a pas forcément de surprise pour un genre qui devient encombré mais en même temps, je n’ai pas eu des moments où je me disais : là, il va se passer ça. C’est donc un excellent block buster de l’été, made in France en grande partie, et en plus, il faudra s’amuser à trouver Alain Chabat, Rudger Hauer et Ethan Hawke parmi le casting du film. On s’amuse comme on peut. Rihanna est moins ridicule que sur un gros bateau de guerre, cette fois et nous gratifie du maintenant habituel titre du générique de fin. Et puis Besson a réussi son pari, pour moi, me faire lire Valérian. De ce point de vue là, Christin et Mézières peuvent être satistaits. Alors, ok pour une suite?

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