Musique : Plini – Handmade cities (2016)

Je prends le temps de choisir et d’écouter des albums et là, j’en ai pris un peu trop. Voilà plus de 6 mois que cet album est présent dans ma playlist, m’accompagne dans quelques moments de la journée mais je n’ai pas pris le temps de me poser pour le chroniquer. Il faut dire qu’un instrumental flirtant avec jazz et progressif, ça peut être exigeant.

Zut, je vais en faire fuir certains avec la phrase précédente. Alors autant mettre les choses au clair tout de suite : Ce n’est pas un instrumental démonstratif et virtuose à la Satriani (oui, il y a de la guitare…), ou du progressif à la Dreamtheater. Ce n’est pas non plus un jazz élitiste, dans les quelques morceaux se rapprochant de ce genre. C’est un album qui a suffisamment de diversité pour passionner largement sans lasser par des longueurs. Pas convaincus?

Sorti en 2016, cet album est l’oeuvre de Plini, un guitariste australien qui a pratiquement tout fait tout seul. Il y a seulement un batteur et un bassiste pour assurer la section rythmique et qui ont été enregistrés à part. Plini doit avoir une sacré chambre et des voisins conciliants pour faire tout ça du coté de Sydney. Enfin passons, car il lui suffit de 7 titres sur Bandcamp pour nous emmener chez lui, 7 titres qui ne dépassent pas 8 minutes, le plus souvent proche des 4 minutes, ce qui reste raisonnable dans de l’instrumental. Surtout que tout commence comme une balade à la guitare accoustique, presqu’une musique de film. L’imaginaire de l’auditeur est stimulé et vient alors des arpèges de guitare, de la virtuosité et là j’ai quand même pensé à un vieux Satriani, l’album The Extremist, pour le son sans doute. On a des ruptures, des silences, des envolées et ça se poursuit d’ailleurs très bien dans le titre qui a donné son nom à l’album.

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Dans « Inhale » on est plus dans l’ambiance avec un gros apport de la section rythmique, justement. Ca installe l’auditeur, calmement, comme s’il fallait ça pour profiter de « Every Piece matters » plus jazzy. Le très long « Pastures » semble un peu la pièce maîtresse de l’album comme une véritable histoire qu’on nous raconte. Là encore, il y a des envolées, des moments apaisés, de la virtuosité mais qui n’est pas là juste pour l’esbrouffe, comme trop souvent dans le progressif. Et je me demande si finalement, ce n’est pas le plus ethéré « Here we are, again » que je préfère, même s’il ne dure que deux minutes et demi. Mais il fallait terminer en beauté avec « Cascade » et sa cascade de descentes et montées de manche, sans oublier quand même des passages plus bluesy.

Voilà un album qui se savoure vraiment quand on est au calme, avec un confortable casque sur les oreilles, pour percevoir ce travail d’orfèvre. Et pour constater cela, je ne pouvais manquer de montrer le maître en action :

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