BD : Les Tuniques Bleues – 2 Du nord au sud de Cauvin et Salvérius (1972)

Après avoir abordé le premier épisode de cette longue saga, il était normal de parler du véritable démarrage de la série dans ce volume 2. On y trouve en effet tous les éléments qui en feront le succès.

A commencer par le sujet puisque l’album commence à la déclaration de guerre entre le nord et le sud. Cauvin ne rajoute pas d’éléments historiques, pour l’instant, afin d’expliquer au lecteur le contexte. Nous retrouvons donc Chesterfield et Blutch, du 22ème de cavalerie, qui vont rejoindre le général Grant en train de combattre les sudistes du général Lee. Et évidemment, Chesterfield entame par une gaffe en prenant le général qui se rase pour un simple soldat. Blutch ne demande qu’un chose : Déserter. Mais les officiers vont l’entendre autrement.

Chaque progrès dans cette bataille donne lieue à de mini-aventures où s’enchainent les gags. On y fait la rencontre du Capitaine Stark, le fou du « Charrgggeeeeeeeeeeeeeeeeeez », le psychopathe que Blutch aura en horreur. Les traits des personnages se figent maintenant dans leur version définitive. Blutch a son bon gros nez et Chesterfield reste juste un peu rond. L’intrigue a pris du corps avec des rebondissements et des éléments historiques comme l’artillerie, les tranchées, et des clins d’oeils appuyés pour montrer les parallèles avec la première guerre mondiale…. et la participation française, puisqu’on sait moins qu’il y a eu une centaine de milliers de soldats avec le fameux uniforme bleu et rouge qui sera abandonné ….en fin 1914.

Malgré l’humour et l’orientation ado, Cauvin et Salvérius n’hésitent pas à montrer les combats. Alors il n’y a pas de sang, les explosions épargnent miraculeusement nos héros (et …. Stark) comme dans un dessin animé de Tex Avery mais on parle de pertes colossales de part et d’autre. C’est une des caractéristique de la série : Parler de choses sérieuses avec de l’humour et en étant plutôt rigoureux sur les décors (un peu moins sur l’uniforme). On peut même trouver un coté « pont de la rivière Kwai » dans quelques scènes, à se demander qui du scénariste ou du dessinateur a eu des inspirations?

Avec ce premier vrai tome, la série est enfin lancée en cette année 1972. Le duo le plus désopilant de cette guerre de sécession mettre plusieurs albums pour entrer dans la posterité. Mais ça, c’est une autre histoire (à suivre)