Automobile : Le grand chantier des applications mobiles

La voiture de demain et même d’aujourd’hui est connectée. Les fabricants de mobile ont investi le tableau de bord à coup de CarPlay et AndroidAuto. Les interfaces deviennent tactiles mais on peut aussi trouver des applications sur son smartphone.

A voir les retours utilisateurs de ces applications, ce n’est pas très brillant. Tesla est le seul à être bien noté mais il faut prendre en compte deux facteurs : L’aura hightech du constructeur et la technophilie des utilisateurs. Il y a globalement peu d’utilisateurs de ces applications ce qui démontre la timidité des constructeurs dans le domaine. Chez les autres grands constructeurs, voyons rapidement les retours du Google Play :

  • Alfa Roméo : 3,7 Les fonctionnalités restent basiques (contacts, maintenance). Le constructeur hésite entre vente et service au client mais au moins, ça fonctionne.
  • Audi : 3,0 L’application est plus ambitieuse mais cousue de bogues, peu pratique. Le GPS fonctionne mais les applications pour les modèles électriques et connectés semblent poser le plus de problème.
  • BMW : 2,5 Application instable, ou ne fonctionnant pas selon beaucoup d’utilisateurs. Et pourtant les utilisateurs regrettent aussi le manque d’ambition de la marque.
  • Citroen : 3,2 Des problèmes de comptes, de pertes de données. Le bluetooth est, comme chez les autres constructeurs, source de blocages.
  • Fiat : 3,4 C’est la même que chez Alfa Roméo et pourtant les utilisateurs sont moins conciliants. Application peu ambitieuse.
  • Ford : 3,7 Juste pour la maintenance et ça fonctionne à peu près. 3,1 pour l’application dédiée aux électriques. L’appli dédiée au service premium n’est quasi pas utilisée.
  • Honda : Rien de disponible !
  • Hyundai : 2,7 Comme chez Fiat, on hésite entre maintenance et commerce. Et en plus ça ne fonctionne pas.
  • Jaguar : 3,3 L’appli semble plus ambitieuse mais n’est pas comprise des utilisateurs (langue?).
  • Mazda : 3,0 Toujours peu d’ambition (manuel, maintenance, géolocalisation) et des problèmes de changement de version et de compte utilisateur.
  • Mercedes : 3,3 Des fonctions intéressantes mais les clients se plaignent de bogues continuels. La version web semble plus intéressante !
  • Nissan : 2,0 Le service semble disponible aléatoirement et cumule les mécontentements.
  • Opel (GM) : 3,0 Service manquant de disponibilité (problème réseau?) mais proposant des fonctionnalités intéressantes…quand elles fonctionnent.
  • Peugeot : 3,2 Comme chez Citroen, ça fonctionne aléatoirement selon les versions, l’une résolvant les problèmes quand l’autre les créent.
  • Porsche : 3,9 Application intéressante et qui semble fonctionner globalement.
  • Renault : 3,6 Comme chez Fiat, application peu ambitieuse orientée maintenance uniquement. 1,7 pour l’application dédiée à la Zoe, la pire note !
  • Tesla : 4,4 L’application commande des fonctions de la voiture et fonctionne plutôt bien. Elle reste une des plus utilisée, malgré la faiblesse du parc.
  • Toyota : 3,4 Application peu ambitieuse (manuel, maintenance) avec des problèmes de compte (vus aussi sur le site web)
  • Volkswagen : 2,0 pour l’appli dédiée aux véhicules connectés. Pertes de données, problèmes de connexion.
  • Volvo : 3,8 La situation semble s’être dégradée sur la dernière version mais l’application est vue comme intéressante.

On peut constater deux choses à la lecture de ce palmares. La première est que les constructeurs sont encore timides, faute d’infrastructure réseau d’une part et parce qu’ils ne savent pas encore quoi faire de tout cela. On reste très souvent dans la prise de rendez vous de maintenance, la géolocalisation du véhicule et le manuel. Ceux qui tentent de faire mieux sont confrontés à des problèmes de connexion et d’instabilité qui montre un manque de maîtrise dans ces deux secteurs clés que sont le développement et le réseau. Et c’est donc le second point. On voit aussi le problème d’apprentissage utilisateur et les problèmes dûs au Bluetooth, qui n’a pas attendu les voitures connectées pour faire des siennes.

Nous sommes donc bien à la préhistoire de ce secteur. Les constructeurs vont être tentés justement de sous-traiter ces fonctionnalités aux grands du web et de la BigData et c’est tout le piège qui se profile. Car en laissant entrer des loups dans la bergerie, ils offrent des données à de futurs concurrents sur le secteur de la voiture autonome. On voit pourtant que quelques uns émergent : Volvo (appartenant à un groupe chinois), Porsche, Tesla. Pour les japonais, c’est plus que timide et on sait qu’ils préfèrent des développements internes mais surtout de la fiabilité. L’évolution de ces applications donnera des indications sur le devenir de ces constructeurs et leur perception de l’industrie automobile de demain.

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